Les juifs israéliens laïcs sont plus enclins que les Israéliens ultra-orthodoxes et orthodoxes modernes qu’il y a un conflit entre science et religion, a conclu un sondage sur les Israéliens du Centre de recherche Pew publié mardi.

L’étude, menée par des entretiens en personne de 5 601 Israéliens adultes entre le 14 octobre 2014 et le 21 mai 2015, a également observé qu’une petite majorité de juifs israéliens croient en l’évolution, et 70 % des Israéliens ultra-orthodoxes – une communauté qui s’oppose ouvertement à l’éducation laïque – disent qu’ils accordent de la valeur à l’éducation laïque pour leurs enfants (mais seulement 13 % d’entre eux possèdent un diplôme universitaire et environ la moitié n’ont pas terminé le lycée).

Dans le même temps, les Haredim étaient moins enclins à accorder de la valeur au succès de leur carrière personnelle et aux voyages dans le monde que les autres Israéliens.

Un tiers des juifs israéliens ont un diplôme universitaire (bien moins, pointe le sondage, que les juifs américains, dont 58 % ont un diplôme universitaire). Une femme laïque juive russophone est plus probable d’avoir une éducation supérieure, alors que les ultra-orthodoxes (13 %) et les arabes israéliens (16 %) sont les moins éduqués.

L’éducation est également une valeur fondamentale partagée par presque tous les Israéliens (96 % des juifs, 93 % des arabes), avec les liens familiaux (97 % pour les juifs et les arabes) et l’aide à ceux qui sont dans le besoin (86 % des juifs, 91 % des arabes).

Pour les hommes haredim, l'étude de la Torah est l'occupation la plus glorifié (Crédit photo: Yaakov Naumi / Flash90)

Pour les hommes haredim, l’étude de la Torah est l’occupation la plus glorifié (Crédit photo: Yaakov Naumi / Flash90)

La science face à la religion

Quelque 73 % des juifs israéliens laïcs voient la religion et la science comme intrinsèquement opposées – mais 61 % des Israéliens ultra-orthodoxes et 58 % des israéliens orthodoxes modernes soulignent qu’il n’y a pas de conflit. Les juifs israéliens ayant une formation universitaire sont plus probables que ceux dont le plus haut diplôme est du lycée d’identifier des tensions entre les deux disciplines (68 % contre 57 % et 49 % chez ceux qui n’ont pas terminé le lycée).

« Cela correspond à un schéma également retrouvé aux Etats-Unis, où les personnes moins religieuses sont plus enclines à percevoir la religion comme en conflit avec la science, » relève t-on dans l’étude.

Parallèlement, à peine plus de la moitié des juifs israéliens croient à l’évolution (53 %), mais de grandes disparités sont observées entre les groupes religieux sur ce sujet.

Seulement 3 % des juifs haredi, 11 % des orthodoxes modernes et 35 % des juifs traditionalistes croient à l’évolution. Parmi les laïcs, 83 % pensent que les humains et les autres êtres vivants ont évolués avec le temps, et ceux qui ont une éducation universitaire le pensent plus – 72 % – que ceux qui n’en ont pas – 50 %. Quelques 80 % des juifs russophones croient à l’évolution.

A peine plus de la moitié des juifs israéliens pensent que la théorie de l'évolution est vraie. (Crédit : capture d'écran Centre de recherche Pew)

A peine plus de la moitié des juifs israéliens pensent que la théorie de l’évolution est vraie. (Crédit : capture d’écran Centre de recherche Pew)

Une majorité des juifs ashkénazes croient à l’évolution (66 %), alors que seulement 39 % des sépharades ou des juifs orientaux y croient. Mais plus de juifs israéliens que d’arabes croient à l’évolution (37 %), et les arabes israéliens ont légèrement moins tendance à croire que la religion et la science s’opposent (52 % contre 58 % pour les juifs israéliens).

Les Israéliens laïcs ont plus tendance à avoir une formation universitaire (45 %) que les traditionalistes (23 %), les orthodoxes modernes (22 %) et les juifs ultra-orthodoxes (13 %). Légèrement plus de femmes que d’hommes (35 % contre 31 %) ont terminé des études universitaires, et les russophones sont plus éduqués (59 %) que les personnes dont la langue maternelle est l’hébreu (29 %).

Des étudiants manifestent devant l’Université de Tel Aviv, le 6 avril 2014 (Crédit : capture d’écran Youtube)

Des étudiants manifestent devant l’Université de Tel Aviv, le 6 avril 2014 (Crédit : capture d’écran Youtube)

Un fossé dans l’éducation a également été observé entre les juifs ashkénazes (dont 48 % ont un diplôme universitaire) et les juifs sépharades et orientaux (18 % ont un diplôme universitaire). Parmi les Arabes israéliens, 15 % des musulmans, 18 % des chrétiens et 20 % des Druzes ont achevé un diplôme universitaire.

Les juifs et les arabes accordent de la valeur à l’éducation laïque pour leurs enfants (respectivement 96 % et 93 %), y compris 69 % des ultra-orthodoxes, qui l’ont évaluée très ou assez importante (bien que 49 % d’entre eux, précise le rapport, n’ont pas terminé le lycée).

Quelque 30 % ont déclaré que ce n’était pas important. Ces chiffres correspondent aux attitudes envers le succès de la carrière, dont 68 % ont déclaré que c’était très ou assez important, et 31 % que ça ne l’était pas (92 % des juifs séculaires, 91 % des traditionalistes et 87 % des orthodoxes modernes pensent que le succès de la carrière personnelle est très ou assez important).

Les ultra-orthodoxes étaient également des cas particuliers dans une autre catégorie, celle de savoir si l’opportunité de voyager dans le monde est importante pour eux. Seulement 16 % ont déclaré que ça l’était, comparé à 69 % des juifs laïcs, 55 % des juifs traditionalistes, et 44 % des juifs orthodoxes modernes.