Le public palestinien est majoritairement optimiste à propos de la réussite du nouveau gouvernement d’unité, et croit que son établissement ne ferme pas la porte à un possible accord de paix, selon un sondage récent conduit par le Palestinian Center for Policy and Survey Research [le centre palestinien pour la recherche en politique et enquêtes].

La satisfaction du public à la fois envers le président de l’AP Mahmoud Abbas et le groupe du Hamas, avec lequel il a forgé un gouvernement d’union, est à la hausse, selon les résultats.

Le questionnaire, distribué à 1 270 adultes en Cisjordanie et à Gaza dans 127 zones différentes, a évalué l’attitude du public du 5 au 7 juin sur l’accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas le parti d’Abbas. La marge d’erreur était de 3 %.

Dans l’ensemble, 62 % des personnes interrogées pensent que l’accord de réconciliation prospèrera sur le long terme. Les taux de confiance dans l’accord étaient significativement plus élevés chez les résidents de la bande de Gaza que la Cisjordanie, qui étaient de 74 % et 54 % respectivement.

L’objectif le plus urgent pour la majorité des interrogés (46 %) a été l’établissement d’un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza avec une capitale à Jérusalem-Est, tandis que près d’un tiers (30 %) estiment que l’obtention d’un droit de retour des Palestiniens à leurs maisons de 1948 était le plus urgent.

Ces chiffres, par rapport à ceux d’il y a trois mois, ont montré une augmentation de 4 % pour la priorité de l’Etat palestinien, avec la question du droit au retour en baisse de 4 %.

Malgré la réaction israélienne défavorable au gouvernement palestinien d’union nationale, 59 % des interrogés palestiniens ont déclaré que le nouvel accord ne signifie pas la fin des pourparlers de paix, et 59 % ont dit que le gouvernement d’union nationale devrait ratifier les accords précédents avec Israël.

L’enquête a montré un soutien accru pour le Hamas ces derniers mois, avec 71 % des répondants qui affirment qu’ils veulent que le groupe terroriste se présente aux prochaines élections dans six mois, lesquelles auront lieu comme prévu pour plus de la moitié.

Le sondage a également démontré que « la croyance que la voie du Hamas est la meilleure façon de mettre fin à l’occupation et d’établir un Etat palestinien » a reçu une majorité de soutien à 42 %, tandis que
39 % ont déclaré que les méthodes d’Abbas étaient les plus efficaces.

Pourtant, malgré le soutien du public pour le groupe terroriste de Gaza, selon le sondage, si des élections avaient lieu aujourd’hui, le Premier ministre du Hamas Ismael Haniyeh ne serait pas gagnant contre Abbas ou le chef populaire du Tanzim, Marwan Barghouti, qui purge une peine à perpétuité dans une prison israélienne pour avoir orchestré plusieurs attaques meurtrières contre des Israéliens.

Cependant, lors des élections législatives, bien que le Fatah dominerait toujours avec 40 %, le Hamas obtiendrait 32 % des voix – une augmentation de 4 % par rapport au résultat d’il y a trois mois.

Bien que la popularité du Hamas est considéré comme à la hausse et ses méthodes pour lutter contre Israël salué, une majorité (62 %) des Palestiniens affirment qu’ils pourraient envisager le désarmement des groupes terroristes de Gaza à une date ultérieure.

Parmi les interrogés, 19 % ont affirmé qu’ils le soutiendraient maintenant, à la lumière du gouvernement d’union nationale ; 12 % qu’ils l’appuieraient après les élections; 16 % soutiendraient le désarmement après « la fin du siège de Gaza» ; et 15 % après la signature d’un accord de paix avec Israël.

La satisfaction à l’égard du leadership de Mahmoud Abbas est passée de 46 % à 50 % dans le dernier sondage.

Les enjeux nationaux

En analysant les perceptions des enjeux nationaux et économiques, le sondage a mis au jour que les Gazaouis étaient de plus en plus confiants sur le fait que leurs conditions s’amélioreraient dans les prochaines années, avec 57 % affirmant qu’elles ne peuvent que s’améliorer, et 9 % estimant qu’elles s’aggraveront.

En Cisjordanie, les perspectives étaient plus sombres, avec 40 % prédisant que les conditions allaient empirer, et 27 % pensent qu’elles vont s’améliorer.

Les déclarations de ceux qui cherchent à émigrer ont légèrement fléchi dans la bande de Gaza à partir de mars dernier (41 % contre 44 %).

Mais en Cisjordanie plus de personnes cherchent à émigrer qu’avant
(24 % contre 22 %).

La perception de la corruption dans les institutions de l’Autorité palestinienne demeurent remarquablement élevée à 81 %, et seulement 32 % en Cisjordanie et 28 % dans la bande de Gaza ont déclaré que les résidents pouvaient critiquer le gouvernement local sans crainte.