Dans un discours devant ses partisans du Likud en liesse mardi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a revendiqué la victoire électorale et laissé entendre qu’un gouvernement d’union avec l’Union sioniste n’étati pas au programme.

« Contre toute attente, nous avons obtenu une grande victoire pour le Likud. Nous avons réalisé une grande victoire pour notre peuple », a-t-il dit aux membres du Likud et aux militants rassemblés au siège de Tel Aviv mardi soir.

“Je suis fier du peuple d’Israël, qui, dans un moment de vérité, a su  séparer l’important du futile et soutenir ce qui est important, pour une véritable défense, une économie responsable, et une économie socialement consciente à laquelle nous nous engageons…”

“Je peux vous dire avec confiance que nous affrontons des défis diplomatiques et de défense, et des défis économiques et sociaux. Nous avons promis d’agir sur le coût du logement, et nous allons le faire.”

Il semble faire marche arrière délicatement sur une partie de la rhétorique des deux dernières jours dans lesquels il a mis en garde contre la participation arabe et “des gouvernements étrangers” conduisant à la chute du Likud.

Les priorités de son prochain gouvernement, dit-il, “sont importantes pour chaque famille, chaque jeune couple, chaque soldat, chaque citoyen d’Israël, juif et non-juif. Vous êtes tous importants, et vous êtes tous importants pour moi.”

Il fait allusion à son rejet de tout gouvernement de coalition avec l’Union sioniste.

“Et maintenant, nous devons mettre en place un gouvernement fort et stable qui prendra soin de la sécurité et du bien-être de tous les citoyens d’Israël”, a-t-il lancé,suscitant la crainte, parmi les militants du Likud, qu’il puisse annoncer un gouvernement d’union.

“Nous ne voulons pas de l’unité !” [gouvernement d’union avec Herzog], ont commencé à crier les militants.

“J’ai téléphoné à tous les dirigeants des partis du Camp national et leur ai demandé de se joindre à moi pour établir un gouvernement sans délai. La réalité ne prend pas de pause. Les citoyens d’Israël attendent de nous que nous formions un leadership responsable qui travaillera pour eux.”

Beaucoup ne craignaient plus une défaite écrasante, après un formidable effort réalisé par Netanyahu pour regagner la confiance des électeurs de droite en désavouant son soutien à un Etat palestinien et en épousant d’autres vues bellicistes. Pourtant, de nombreux Likudniks craignaient de perdre les élections, ou du moins de ne pas les gagner.

A en juger par les célébrations qui ont éclaté dans la salle dès qu’il est apparu que Netanyahu était en bonne position pour rester Premier ministre, les militants fêtaient les résultats comme si leur parti avait remporté une victoire décisive.

Lors des dernières élections en 2013, le Likud et Yisrael Beitenu avaient gagné grâce à une marge beaucoup plus grande et il était certain que Netanyahu pourrait survivre à un autre mandat. Et pourtant, l’ambiance dans la salle était beaucoup moins enthousiaste que cette fois-ci.

Des partisans de Netanyahu au siège de Tel Aviv - 17 mars 2015 (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Des partisans de Netanyahu au siège de Tel Aviv – 17 mars 2015 (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Les militants du Likud s’attendaient à bien pire et leur énorme soulagement était évident.

L’événement de mardi ressemblait à un mariage. Des milliers de bulletins de vote du Likud ont été lancés dans les airs avant de retomber parterre.

Les militants s’embrassaient et se félicitaient en chantant des airs entraînants, dont « Ata totakh » [tu es une bombe] de la chanteuse israélienne Sarit Hadad, une célèbre musique entonnée à un événement de campagne de Netanyahu.

« Nous avons gagné ! C’est une victoire incroyable, il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce qui est arrivé, » a déclaré une militante du parti, Even Cohen, de Ramat Gan.

Malgré les résultats au coude-à-coude entre le Likud et l’Union sioniste, a-t-elle expliqué, il était évident que le camp de la droite a gagné les élections et formera le prochain gouvernement.

« Il n’y aura pas de gouvernement de gauche. [L’Union sioniste] ne fera jamais alliance avec les Arabes, il n’y a pas de telle chose. [Le chef du parti Koulanou Moshe] Kahlon va rentrer à la maison du Likud et nous allons avoir une coalition stable », a-t-elle déclaré en applaudissant.

Plus tôt dans la soirée, le pessimisme avait dominé l’atmosphère dans la salle, qui était à moitié vide, même après la victoire apparente qui est devenu évidente pour les militants et Netanyahu a fait son chemin depuis sa résidence de Jérusalem pour s’adresser aux membres du parti aux Ganei Hataaroukha de Tel Aviv.

« Je suis prudemment optimiste », avait déclaré David Shayan, le président des jeunes du Likud, une demi-heure avant la diffusion des pronostics.

« J’ai passé beaucoup de temps sur le terrain aujourd’hui. J’ai eu quelques bons commentaires, mais il y a encore un fossé entre l’Union sioniste et le Likud que nous devons réduire, » avait estimé le résident de Cisjordanie âgé de 33 ans. A ce moment, il croyait encore que le challenger du Premier ministre, Isaac Herzog, allait obtenir plus de sièges que le titulaire du poste.

« Nous serons toujours dans une meilleure position pour former une coalition, parce que la majorité de la population veut Netanyahu comme Premier ministre », a-t-il noté, tout en n’étant pas entièrement convaincu de sa propre évaluation.

Puis, au moment où les estimations ont été projetées sur les écrans géants dans le hall, annonçant que les deux partis principaux auraient été crédités de 27 sièges, les applaudissements ont fusé.

Certains militants ont commencé à scander « Bibi, Bibi », mais ont cessé au bout de quelques secondes, peut-être pour se rendre compte que même si le résultat s’avère certainement réconfortant après les estimations des sondages pendant la campagne, les résultats ne constituaient pas une victoire décisive.

« Nous avons commencé par un scrutin à 21 sièges, et maintenant nous en avons 28 », a déclaré Yoav Kish, un pilote d’El Al à la retraite et prochain député à la Knesset.

« C’est une victoire, » a-t-il conclu.

Benjamin et Sara Netanyahu au siège du Likud à Tel Aviv - 17 mars 2015 (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

Benjamin et Sara Netanyahu au siège du Likud à Tel Aviv – 17 mars 2015 (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)