Une visite au cimetière catholique du Mont Sion, à Jérusalem, révèle un spectacle macabre.

Près de la tombe d’Oskar Schindler à Jérusalem, des jets de pierres depuis la Vieille Ville ont entraîné l’émergence d’un gouffre de deux mètres de diamètre et d’environ cinq mètres de profondeur. Et ce gouffre fait apparaître un sinistre tableau.

Ci-gisent, à quelques pas du tombeau du célèbre industriel autrichien qui a sauvé la vie de milliers de Juifs pendant l’Holocauste, les restes des inhumés.

Yohanan Ben David, guide touristique basé à Jérusalem, avait déjà remarqué le trou béant près de la tombe de Schindler, il y a quelques semaines. Il avait également aperçu un fémur et des restes de squelettes humains.

Le gouffre est empli de déchets, de vieux sacs en plastique, bouteilles, chiffons et cordes.

Une croix brûlée, ou l’on peut distinguer le nom de Miriam Sami Saleh Naddaf inscrit en arabe, traîne dans le trou jonché d’ordures à côté d’un crâne et d’une mâchoire édentée. Un fémur apparaît au-dessus de l’amas.

Le cimetière appartient au Patriarcat de l’Eglise catholique de Jérusalem. Le père Fares, responsable du cimetière, a déclaré au Times of Israel, que les restes humains trouvés dans le gouffre pourraient être antérieurs à la création du cimetière au 19ème siècle.

Des crânes au fond d'un trou au cimetière du Mont Sion (Crédit : Yochanan Ben David)

Des crânes au fond d’un trou au cimetière du Mont Sion (Crédit : Yochanan Ben David)

Imperturbable, le prêtre a assuré que ce phénomène était monnaie courante dans les cimetières de la Ville sainte.

« Beaucoup de gens apportent des fleurs et des cartes et les laissent [sur les tombes]. C’est notre principal problème et nous le résolvons en nettoyant de temps en temps », explique-t-il.

Il ne pouvait expliquer pourquoi des déchets ont été entassés près du trou et semblait globalement gêné par mes questionnements.

Juste à l’extérieur du cimetière, l’on découvre un site archéologique sur lequel gisent des pierres visiblement de l’époque hérodienne et médiévale. Le site faisait probablement partie des murs de la ville.

Le pan de mur mis à nu par le gouffre à l’intérieur du cimetière pourrait appartenir à la même structure. Mais impossible de savoir si elle date de cette période.