Washington a demandé à Israël de faire profil bas suite à la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump, étant donné la sensibilité du sujet et la réponse explosive que cela peut susciter, a indiqué Reuters mercredi soir.

Un rapport du Département d’État que se sont procurés les agences de presse donne au personnel diplomatique américain en Israël le message devant être transmis aux dirigeants israéliens.

Un des points du document stipule : « J’accepte que vous accueilliez officiellement cette nouvelle, mais je vous demande de modérer votre réaction ».

« Nous nous attendons là à ce qu’il y ait des résistances à cette nouvelle, au Moyen-Orient et dans le monde. Nous sommes encore en train d’évaluer l’impact qu’une telle décision aura sur les institutions et le personnel américains à l’étranger ».

Le rapport comporte aussi des arguments pour les diplomates en Europe. Ceux-ci sont incités à transmettre aux gouvernements européens que la déclaration de Trump ne préjuge en aucune façon du statut final de Jérusalem, ce sujet devant être discuté lors des négociations.

« Nous vous demandons de mettre l’accent sur le fait que Jérusalem est toujours un sujet devant être débattu entre Israéliens et Palestiniens, et sur le fait que les parties doivent régler le problème de la souveraineté de Jérusalem lors de leurs négociations » précise le document.

Poignée de main entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à l’hôtel King David, à Jérusalem, le 22 mai 2017 (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Document qui tente d’expliquer également ce que de nombreux dirigeants européens voient comme un acte irréfléchi et irresponsable de Trump.

« Vous savez que cette administration est unique. Elle prend des initiatives audacieuses. Mais ce sont les initiatives audacieuses qui pourront au bout du compte transformer les efforts de paix en paix », demande-t-on aux diplomates américains d’expliquer à leurs homologues européens.

Un autre rapport énonce que le Département d’État a mis sur pied un groupe de travail pour « suivre les développements dans le monde » suite à la déclaration.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin ont félicité Trump pour sa décision « historique », affirmant que le transfert ne nuira pas aux efforts de paix avec les Palestiniens.