Durant la Journée Internationale de la Femme, le député Oren Hazan (Likud) a interrompu Stav Shaffir (Union sioniste) au milieu de son discours durant une session plénière pour lui faire des remontrances sur sa tenue vestimentaire impudique. Elle portait un haut sans manches.

Shaffir répondait aux propos que lui adressait David Amsellem (Likud) quand Hazan s’est approché vers l’estrade, en criant sur la députée et vice-présidente de la Knesset Nava Boker (Likud) : « Si je montais [sur l’estrade] en tricot de corps, ils me laisseraient parler ? »

Une fois que Shaffir a terminé de parler, Boker a déclaré qu’elle approuvait les critiques émises par ses collègues. « Dans ce cas, vous avez raison », a-t-elle dit à Hazan. « Je pense que c’est un manque de respect pour la Knesset. »

« Malheureusement, ce sont des lois qui ne peuvent probablement pas être imposées aux parlementaires », a-t-elle dit.

Shaffir a été fustigée par un membre du parti ultra-orthodoxe Shas qui a qualifié sa tenue de « déplacée ».

Plus tard, Shaffir s’est exprimée sur Twitter au sujet de l’accès de colère de Hazan. « En l’honneur de la Journée internationale de la femme, deux députés, un ancien proxénète et un autre d’un parti qui interdit la participation des femmes, m’ont réprimandée parce que j’avais les épaules découvertes », a-t-elle écrit amèrement. « Joyeuse fête à tous. »

Shaffir faisant référence à un rapport publié par la Deuxième chaîne en 2015 qui déclarant que Hazan fumait de la méthamphétamine en cristaux et travaillait comme proxénète pour les clients du casino qu’il dirigeait en Bulgarie.

Oren Hazan, à gauche, avant son élection comme député du Likud, quand il dirigeait un casino en Bulgarie. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Oren Hazan, à gauche, avant son élection comme député du Likud, quand il dirigeait un casino en Bulgarie. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Hazan a porté plainte contre Amit Segal, le journaliste de la Deuxième chaîne responsable de ce rapport, mais sa plainte a été rejetée par la Cour des magistrats de Tel Aviv en octobre dernier.

Le juge avait déclaré que les preuves étaient suffisantes pour affirmer que le député avait effectivement fumé de la méthamphétamine, les accusations de proxénétisme de peuvent pas être corroborées. En dépit de cela, il a statué que Segal avait suffisamment de preuves pour être protégé au nom de la liberté de presse.

Le parlementaire du Likud a été interviewé au sujet de sa colère mardi soir sur la Dixième chaîne, mais l’entretien a plutôt mal commencé.

Hazan a dit à Rafi Reshef, le journaliste, qu’il était déçu que ce dernier n’ait pas pu assister à son mariage le mois dernier. Reshef a répondu qu’il devait y avoir un malentendu, étant donné qu’il n’avait pas été invité.

Hazan a ensuite soutenu que « parfois, il y a des endroits où il faut maintenir le respect, également par [la façon dont nous nous] habillons ».

Le journaliste lui a ensuite montré d’autres députés de tous bords portant des vêtements qui découvraient également les épaules. Hazan a déclaré qu’il aurait réagi de la même façon s’il avait été présent.

Le code vestimentaire de la Knesset a été au cœur d’une importante controverse ces derniers mois.

En novembre, la Knesset a publié un règlement révisé sur la tenue vestimentaire imposée aux employés et aux visiteurs. Ce règlement interdit le port de T-shirts, de shorts, de sandales, de jupes et de robes courtes.

Mais en décembre, 30 assistantes parlementaires ont protesté en signe de solidarité avec quelque unes de leurs collègues qui se sont vues refuser l’entrée à la Knesset. Les gardes avaient estimé que leurs robes étaient trop courtes.

Manuel Trajtenberg (Union sioniste) a fait preuve d’un geste de solidarité en enlevant sa veste et sa chemise. Il a tenté d’entrer dans le bâtiment vêtu d’un tricot de corps et d’un pantalon. « Demain, vous porterez la burqa », a-t-il crié à l’attention des manifestantes.

Suite à cette performance de Trajtenberg, Edelstein a ordonné que les gardes de la Knesset assouplissent les règles sur la tenue vestimentaire et ne renvoient pas les employés jusqu’à ce que l’on soit parvenu à une recommandation finale

À la fin du mois de février, la Knesset a indiqué qu’elle ne modifiera pas le code vestimentaire au Parlement, mais que de nouvelles « mesures exécutoires » seront mises en place. Il s’agit notamment de donner des avertissements avec de refuser l’entrée dans les locaux ».