A la lumière de la récente guerre de Gaza et des bouleversements continus au Moyen-Orient, accéder aux demandes du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas reviendrait à un suicide pour Israël, a déclaré lundi le ministre des Affaires stratégiques Yuval Steinitz lors d’un discours.

« La demande du retrait derrière les lignes de 1967, avec aucune frontière défendable, avec aucune emprise sur la Vallée du Jourdain, sans aucune capacité d’opération défensive dans la région, sans démilitarisation de Gaza – toute personne sensée le comprend… C’est le cadre idéal pour un suicide collectif », a-t-il déclaré à la conférence annuelle de l’institut politique de la lutte contre le terrorisme de l’IDC (centre interdisciplinaire) d’Herzliya.

Pendant les années 1970, a-t-il indiqué, Israël pensait que seul le Liban, un pays déchiré par les tensions sectaires, pourrait arracher le contrôle sur de considérables étendues de terre et mettre en place leur volonté, comme l’OLP l’avait fait au même moment. « Nous pensions qu’ils étaient l’exception à la règle », a-t-il précisé.

Cela était vrai pendant toute la période de l’essor du Hezbollah au Liban après le retrait d’Israël en mai 2000, analyse-t-il, mais cette vision s’est effondrée ces derniers mois, qui a vu des groupes terroristes saisir des territoires dans le monde musulman, du Nigéria à l’Afghanistan.

« Et ce qui est arrivé à Gaza, ce qui est arrivé à l’AP, font partie du même phénomène », explique-t-il. Il fait référence à la prise de pouvoir à Gaza du Hamas en 2007 et la menace qu’il représente pour l’AP en Cisjordanie.

Steinitz souligne qu’Israël n’est pas le seul pays dans cette situation.

Les Etats-Unis, a-t-il précisé, ont investi des milliards de dollars en Irak et sont en train de former une armée irakienne, mais une fois que les Etats-Unis ont quitté l’Irak, l’Etat islamique et d’autres groupes ont pris le contrôle. « Contemplez le cauchemar », a-t-il affirmé.

Et pourtant, indique-t-il, au final, sur un fond d’affrontements entre les extrémistes sunnites et chiites, ces derniers sont une menace plus grave, même si leur but est similaire.

Alors que les djihadistes sunnites n’ont pas d’Etat – leur déclaration d’un califat appelé l’Etat islamique nonobstant – les extrémistes chiites de la république d’Iran recherchent un parapluie nucléaire, sous lequel ils pourront avancer à l’échelle technologique.

Il se rendra à Washington cette semaine à la tête d’une délégation de la Défense qui doit discuter des négociations nucléaires avec l’Iran.

Il a précisé qu’Israël était « inquiet » au sujet de cette question mais que la coopération avec les responsables américains et l’administration d’Obama était « intense et constructive » et qu’il ne doutait pas, qu’à la fin, les fanatiques n’auront pas le dessus.