La Suède s’attendait à une réaction d’Israël, qui a rappelé son ambassadeur à Stockholm après la décision de ce royaume scandinave de reconnaître l’État de Palestine, a indiqué vendredi le chef de la diplomatie suédoise.

« L’ambassadeur d’Israël a été rappelé pour consultation, cela arrive. Nous savions qu’Israël allait réagir et critiquer la décision », a dit à l’AFP la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström.

« Nous espérons continuer à avoir de bonnes relations bilatérales avec Israël », a ajouté la ministre, qui n’a pas eu de contacts avec son homologue israélien, Avigdor Liberman, depuis la reconnaissance par la Suède de l’État de Palestine jeudi.

« Les contacts entre la Suède et Israël ne sont pas interrompus. Nous espérons que l’ambassadeur reviendra », a-t-elle souligné, annonçant son intention de se rendre prochainement au Moyen-Orient.

La décision suédoise a été qualifiée de « malheureuse » par Israël.

« Le gouvernement suédois doit comprendre que les relations au Moyen-Orient sont plus compliquées que le montage des meubles Ikea, et qu’il faut agir en ce domaine avec responsabilité et sensibilité », a jugé jeudi M. Lieberman, dans un communiqué.

« Je serais heureuse d’envoyer un meuble Ikea empaqueté à Avigdor Liberman pour qu’il l’assemble. Il découvrira qu’il faut un partenaire, de la coopération et un bon manuel », a répondu Mme Wallström dans un entretien avec CNN.

« Les personnes intelligentes ont de l’humour et j’ai trouvé qu’il montrait qu’il en avait, j’ai donc répondu d’une manière humoristique. On en restera là », a dit la ministre à l’AFP.

Selon l’Autorité palestinienne, quelque 135 pays dans le monde ont reconnu l’État palestinien, dont, outre la Suède, sept autres membres de l’Union européenne. La République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre l’ont reconnue avant leur entrée dans l’UE.

En Suède, la reconnaissance de l’État palestinien a soulevé la question de la reconnaissance par le gouvernement d’autres territoires, notamment le Sahara occidental, un objectif énoncé par le parti social-démocrate quand il était dans l’opposition.

« Nous allons nous pencher sur le cas du Sahara occidental après un examen approfondi de la situation actuelle », a indiqué Mme Wallström.