Les dernières nouvelles de Gaza n’augurent rien de bon pour Israël : d’une part, l’augmentation des pertes de Tsahal dans les combats avec les terroristes du Hamas sur le terrain dans la bande Est ; de l’autre, des dizaines de morts palestiniens – des civils et des hommes armés du Hamas et du Jihad islamique – principalement dans le quartier Shejaiya de la ville de Gaza.

Une vidéo téléchargée sur Internet ces dernières heures montre des images terrifiantes de corps éparpillés dans les rues, et les comparaisons démesurées avec le massacre de Sabra et Chatila en 1982 fusent. Des milliers d’habitants du quartier ont fui pour se réfugier dans écoles et les hôpitaux de l’UNRWA.

Ces photos choquantes inverseront probablement la tendance de l’opinion publique internationale, jusqu’à présent relativement compréhensive envers la campagne d’Israël dans la bande de Gaza.

Le Hamas, qui a refusé la proposition de cessez-le-feu égyptienne, semble loin de capituler. Au contraire, les hauts placés du mouvement terroriste sont confiants et déterminés à poursuivre la lutte pour réaliser un coup diplomatique stratégique et élever son statut dans la bande de Gaza et dans le monde. Dans cet état d’esprit, les dirigeants du Hamas exposent une série de demandes surréalistes qu’Israël n’acceptera pas – ni cette semaine, ni dans les prochains mois.

La grande différence entre ce matin et les deux premières semaines de la guerre, c’est que ce matin, le Hamas peut se vanter de son premier « succès » important : des terroristes d’Izz ad-Din al-Qassam ont réussi à infliger de lourdes pertes parmi les soldats israéliens. Dans le même temps, l’organisation attaque les Israéliens via des tunnels et des tirs de roquettes. L’armée israélienne a montré depuis le début du conflit qu’elle dispose de moyens puissants pour relever le défi des tunnels, mais qu’elle ne peut endiguer les tirs de roquettes. Elle ne peut non plus neutraliser la menace des armes antitanks : le Hamas, qui utilise des missiles Kornet avancés, a réussi à infliger de lourdes pertes parmi les soldats de Tsahal dans les tanks et les véhicules blindés.

La question, alors, est de savoir si les succès du Hamas le conduiront à changer de tactique et à chercher un cessez-le feu. Le problème, pourtant, est que les images des nombreuses victimes civiles à Shejaiya profitent au Hamas et le renforcent.

L’organisation aspire à de nombreuses victimes civiles pour provoquer de vives critiques internationales envers Israël et voir le Caire faire pression sur Jérusalem pour qu’il accède à ses demandes.

Khaled Mashaal, le chef politique du Hamas, s’obstine à rester au Qatar, refusant même d’accepter une invitation égyptienne à s’envoler au Caire pour discuter d’une trêve. Mashaal sait très bien que les dirigeants politiques du Hamas et ses capacités militaires ont à peine été endommagés par la campagne israélienne ; il peut encore tirer des roquettes sur les centres urbains israéliens, et grâce au réseau de bunkers creusés sous la bande de Gaza, il peut viser un nombre croissant de soldats de Tsahal.

Mashaal doit rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dimanche à Doha. Abbas le suppliera probablement d’accepter la proposition égyptienne de cessez-le-feu. Mais, selon toute vraisemblance, Mashaal, certain que la victoire est à sa portée, refusera.