Le coordinateur des activités du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens (COGAT), le général Yoav Mordechai, a été cité en longueur pendant le week-end déclarant qu’il n’y avait pas de discussions sur l’établissement d’un port maritime à Gaza.

Dans les remarques citées par le site d’informations lié aux Saoudiens Elaph, Mordechai a déclaré que si de telles négociations avaient lieu dans le futur, elles ne seraient menées qu’avec l’Autorité palestinienne – pas les dirigeants du Hamas de Gaza.

C’était une déclaration surprenante, étant donnée l’approche positive parmi certains ministres israéliens, ainsi que des membres du gratin de l’armée israélienne, devant l’idée d’un tel port maritime.

Et il est probable que cette déclaration ne soit pas destinée à Gaza ou à Israël, mais à l’Egypte.

Le Times of Israel a appris que des officiels israéliens parlaient toujours favorablement de l’idée d’un port maritime, même après que Le Caire a demandé que Jérusalem délivre des clarifications sur ses discussions de détente avec la Turquie et l’option de mettre en place un port pour Gaza à Chypre ou sur une île artificielle.

Ce n’est pas un secret que le gouvernement égyptien est opposé de façon véhémente à l’établissement d’un port maritime pour servir la bande de Gaza tant que le Hamas, qui est allié avec son ennemi des Frères musulmans, reste au pouvoir. Les Egyptiens ont mené l’opposition à la levée du blocus de Gaza suite à la guerre à l’été 2014, et Le Caire s’est constamment opposé à l’ouverture du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et le Sinaï égyptien pour les voyageurs palestiniens.

Un homme palestinien marche le long de la plage proche du camp de réfugiés al-Shatee pendant un jour pluvieux, à Gaza ville, le 22 février 2016. (Crédit : AFP/MOHAMMED ABED)

Un homme palestinien marche le long de la plage proche du camp de réfugiés al-Shatee pendant un jour pluvieux, à Gaza ville, le 22 février 2016. (Crédit : AFP/MOHAMMED ABED)

La demande de l’Egypte est sans équivoque : Rafah ne sera ouvert qu’une fois le contrôle de la frontière géré par l’Autorité Palestinienne (AP). Elle applique le même principe à l’idée d’un port maritime, qu’elle n’approuvera que si c’est l’AP, et non le Hamas, qui gouverne le passage des biens dans la bande de Gaza.

Alors que des informations concernant l’option de placer le port de Gaza sur une île artificielle ou à Chypre émergent, l’Egypte tient des discussions sur le sujet avec l’AP, qui est également opposée à une telle action.

Suite à ces discussions, Le Caire a signalé à Jérusalem son opposition à la mise en place d’un port maritime n’importe où tant que le Hamas a toujours le contrôle de Gaza.

Pêcheurs palestiniens pagayant sur leur petit bateau à quelques centaines de mètres de la plage de Gaza ville, tout en lançant leurs filets à la recherche de petits poissons, le 10 août 2014. (Crédit : AFP/Roberto Schmidt)

Pêcheurs palestiniens pagayant sur leur petit bateau à quelques centaines de mètres de la plage de Gaza ville, tout en lançant leurs filets à la recherche de petits poissons, le 10 août 2014. (Crédit : AFP/Roberto Schmidt)

Mordechai a récemment rencontré des commandants des forces de sécurité de l’AP, selon des médias palestiniens. Il est certainement possible que le sujet du port maritime ait été abordé pendant cette rencontre.

Azzam al-Ahmad, l’un des dirigeants du parti palestinien du Fatah, a précisé clairement l’opposition de l’AP à la mise en place d’un port maritime vendredi, affirmant que Ramallah pourrait entraver toute initiative de ce type.

Pendant ce temps, les dirigeants du Hamas se sont montrés combattifs sur le besoin de Gaza d’un port maritime tout en signalant dans le même temps qu’ils n’avaient aucun désir de reprendre les hostilités contre Israël.

« La bande de Gaza a besoin et veut un port maritime, et ce sujet a aussi été transmis par les Turcs – leur siège à Gaza ne sera pas levé sans l’établissement d’un port maritime, » a déclaré vendredi Khalil al-Hayya, un haut fonctionnaire du Hamas.

Des Palestiniens simulent une attaque contre une voiture israélienne pendant un spectacle à l'occasion d'un rassemblement anti-Israël à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 février 2016. (Crédit : AFP / SAID KHATIB)

Des Palestiniens simulent une attaque contre une voiture israélienne pendant un spectacle à l’occasion d’un rassemblement anti-Israël à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 février 2016. (Crédit : AFP / SAID KHATIB)

Un autre membre du groupe des très hauts fonctionnaires du Hamas a déclaré la semaine dernière au journal panarabe Al-Hayat qu’il y avait eu des progrès significatifs dans les discussions entre la Turquie et Israël, particulièrement en ce qui concerne l’option d’ériger un port maritime.

Des analystes à Gaza ont déclaré au Times of Israel qu’ils ont l’impression que le Hamas a essayé d’inspirer l’espoir d’un réel changement parmi les résidents de l’enclave appauvrie.

Cependant, ont-ils prévenu, si le Hamas échoue à réaliser ses promesses, la pression montera sur lui pour qu’il agisse, même si cela signifie plus de guerre.