Le conflit entre Israël et le Hamas a atteint le seuil des 50 jours, mardi au milieu d’une vague de développements apparemment inattendus.

Une délégation conduite par le général américain à la retraite John Allen, du corps des Marines, est actuellement en Israël et rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu ainsi que le ministre de la Défense Moshe Yaalon.

Allen est l’homme qui a élaboré les propositions américaines de sécurité conçues pour permettre un retrait israélien de la majeure partie de la Cisjordanie en vertu d’un accord de paix – des propositions publiques et privées fustigées par les dirigeants israéliens. Sa visite a suscité des spéculations sur un nouvel élan pour les négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne dans le cadre de la phase finale du conflit actuel.

Sa portée spectaculaire – quant à ces propositions diplomatiques – a été renforcée par la promesse mystérieuse du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dans une interview à la télévision égyptienne dimanche, de bientôt dévoiler une « initiative surprise » pour résoudre le conflit israélo-palestinien, et que cette proposition serait quelque chose que les Américains – et donc, par extension, Israël – ne souhaiteraient pas.

Des responsables palestiniens anonymes ont été cités laissant entendre que cette initiative, programmée pour un retour d’Abbas sur le devant de la scène comme un acteur-clé à même de résoudre le conflit de Gaza, impliquera la recherche d’un calendrier mis en place par l’ONU pour la création d’un Etat palestinien sur la base des lignes d’avant 1967.

Ce calendrier s’accompagnerait de menaces de dépôts d’allégations contre Israël de crimes de guerre – à la Cour pénale internationale – si les revendications palestiniennes n’étaient pas remplies.

Le quotidien Yediot Aharonot a rapporté mardi qu’Abbas « a fait clairement savoir à toutes les parties qu’il n’avait pas l’intention de prendre toute la responsabilité de Gaza, à moins qu’il y ait un processus diplomatique simultané visant à aboutir à une solution à deux Etats basée sur les lignes de 1967 ».

Selon ce rapport, le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi soutient la proposition d’Abbas d’utiliser la crise actuelle afin de promouvoir une nouvelle offre diplomatique complète.

Toute cette dimension spectaculaire a été minimisée à Jérusalem.

La visite d’Allen a été dépeinte comme une reprise naturelle du dialogue israélo-américain sur la sécurité, rendue nécessaire par les défis soulevés par les attaques quotidiennes du Hamas, avec l’utilisation intensifiée des tirs de roquettes de courte portée et d’obus de mortier.

Comme l’a affirmé le ministre des Affaires stratégiques Yuval Steinitz, mardi, la phase actuelle d’attaques du Hamas, qui ont forcé les habitants des kibboutzim et moshavim près de Gaza à fuir, souligne l’impératif d’une démilitarisation de Gaza et des dangers potentiels en Cisjordanie, où les mortiers pourraient un jour frapper Jérusalem, Kfar Saba, la route 6 et d’autres grands centres de population et artères stratégiques du centre du pays.

Quant au nouveau rôle que veut jouer l’Autorité palestinienne, les initiatives surprises et les offres de l’ONU, Jérusalem y voit une occasion pour l’Autorité palestinienne de revenir à un certain rôle à Gaza, et à un potentiel de progrès en ce qui concerne la Cisjordanie, mais considère qu’Abbas va trop loin et exagère.

Israël n’est pas sur le point d’accepter la demande d’Abbas qu’il a déjà rejetée dans les phases de négociation passées. De manière significative, tandis que le président de l’AP cherche à se faire valoir comme le centre de la solution à la crise de Gaza, le gouvernement Netanyahu n’en tient pas compte.

Même un retour limité de l’Autorité palestinienne sur la bande de Gaza, et un déploiement à la frontière de Gaza et sur les points de passage frontaliers, n’est pas quelque chose à quoi on peut raisonnablement s’attendre à court terme.

Un mécanisme devra d’abord être construit pour s’assurer que le Hamas ne soit tout simplement pas en mesure de viser les forces de l’AP précisément comme, par exemple, il a visé le passage d’Erez en Israël, dimanche, avec des salves de tirs de mortier. En d’autres termes, le Hamas devrait être neutralisé et marginalisé avant que l’AP ne puisse jouer un rôle significatif.

Les options pour mettre fin à la guerre avec le Hamas, même après 50 jours, restent donc en grande partie ce qu’elles ont été dès le départ, impliquant une combinaison complexe de force militaire et de manœuvres diplomatiques.

Israël cherche un arrangement pour la stabilité à long terme, mais souhaite y parvenir sans donner de gains diplomatiques au Hamas. Battu mais loin d’être brisé, et bien évidemment indifférent à la dévastation qu’encourt Gaza, le Hamas a jusqu’à présent résisté à ce genre de capitulation.

Et alors que les combats se poursuivent, qu’un arrêt immédiat des hostilités est demandé par l’Egypte, les négociations, toujours sur la table, pourront seulement reprendre après l’arrêt des combats.

Israël demeurera toujours satisfait d’accepter ces termes alors que le Hamas a violé tous les efforts précédents pour mettre fin au conflit sur ​​cette base.