Les 63 détenus administratifs palestiniens hospitalisés à la suite d’une grève de la faim qu’ils observaient depuis la fin avril ont suspendu leur mouvement, a indiqué mardi soir à l’AFP un de leur avocat.

« Les grévistes, qui sont parvenus à un accord avec les autorités pénitentiaires israéliennes, ont décidé de suspendre leur mouvement à l’approche du Ramadan », a précisé Me Achraf Abou Snena.

Les détails de l’accord conclu seront rendus public durant la journée de mercredi, a ajouté cet avocat.

La porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne Sivan Weizman a confirmé à l’AFP que le « mouvement de grève a été suspendu durant la nuit de mardi à mercredi ».

Selon elle un « arrangement d’une portée mineure entre les détenus grévistes et l’administration pénitentiaire a permis de mettre fin au mouvement ». « Mais aucun des points de cet arrangement ne concerne une éventuelle suppression ou suspension du recours à la détention administrative. Cette mesure continuera à être utilisée », a-t-elle ajouté en refusant de donner d’autres détails.

La gréve de la faim avait été déclenchée pour dénoncer les détentions administratives qui permettent de maintenir en prison des Palestiniens sans jugement.

Cette mesure répressive faisait partie de la législation sur l’état d’urgence héritée du Mandat Britannique sur la Palestine (1920-1948). Cette procédure permet des détentions pour des périodes de six mois renouvelables.

Des organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent ces détentions alors que l’Autorité palestinienne a pressé la communauté internationale d’exercer des pressions sur Israël pour mettre fin à ce type de mesure répressive.

Selon les statistiques israéliennes, 200 des 5 000 prisonniers palestiniens sont en détention administrative.

Pour tenter d’empêcher d’autres grèves de la faim, le gouvernement israélien veut faire adopter une loi qui permettrait de nourrir de force les grévistes. Le texte dénoncé par les organisations des droits de l’Homme doit en principe être débattu lundi prochain au Parlement.