Le bureau du procureur d’État a doublé le nombre de structures qu’il prévoit de démolir dans la poudrière qu’est le village palestinien du sud de la Cisjordanie, et qui attire l’attention internationale.

Le village de Khirbet Sussiya pourrait perdre son unique école, les panneaux solaires qui sont sa seule source d’électricité et qui ont été construits grâce à des fonds européens, et des logements, selon Haqe, une ONG qui représente le village de 300 personnes.

Dans une lettre adressée à la Cour suprême de Justice envoyée mardi, l’État a indiqué qu’il allongeait la liste des infrastructures à démolir.

L’État a soutenu que la liste soumise en septembre 2016, sur les structures construites en violation des décisions de justice de 2012 et 2014 n’était pas « exhaustive », et qu’elle y ajouterait une dizaine de constructions.

Cette liste mise à jour augmente de 20 à 40 % la superficie du village menacé de démolition immédiate, selon Haqel.

Une tente dans le village de Susya, le 19 juillet 2015 (Elhanan Miller / Times of Israel)

L’État a ajouté dans sa lettre a tribunal, qu’il donnerait aux avocats du village la chance de réagir et d’expliquer pourquoi elles ne devraient pas être immédiatement démolies.

Quamar Mishirqi-Assad, l’avocate qui représente le village du sud-est de Hébron, a déclaré au Times of Israel qu’elle étudiait actuellement l’historique des structures en question.

Elle pense que les structures ne seront pas démolies avant qu’elle n’ait l’occasion de réagir.

« La notification de l’État signifie la destruction du village de Sussiya, et du tissu social du village, créera donc un désastre humanitaire, et causera la violation fatale et irréversible des droits fondamentaux des résidents du village, dont la moitié sont des enfants », a écrit Mishriqi-Assad dans un communiqué de presse.

Sussiya a déjà été renversée auparavant et ses logements sont prinicpalement des tentes, des grottes et des structures précaires.

Durant les années 1990, l’armée a mené des opérations de démolition à Sussiya, au motif que toutes les habitations étaient construites illégalement.

En juillet 2001, le village entier avait été détruit au lendemain du meurtre de Yair Har Sinai, un berger d’une implantation juive voisine, aussi appelée Sussiya.

La pression actuelle exercée sur l’État pour la démolition du visage palestinien restauré a été menée par l’implantation située près d’un ancien site archéologique, auquel les deux villages doivent leur nom.

Le village juif de Sussiya s’est associé au groupe de droite Regavim, spécialisé dans les disputes territoriales.

Ils accusent les résidents du village palestinien de Sussiya de squatter illégalement.

Des Palestiniens de Susya, après la destruction de leur maison en 2011. (Crédit : Najeh Hashlamoun/Flash90)

Les États-Unis, les pays européeens et les Nations unies ont exhorté Israël à ne pas mettre ce plan de démolition à exécution.

Les représentants de Sussiya ont déposé un projet de construction pour le village, qui a été construit sans les permis nécessaires, mais ce projet a été rejeté par l’État.

Le village entier risque d’être démoli incessamment sous peu.

Actuellement Haqel a fait appel contre le rejet du projet.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.