Au moins 45 membres d’un groupe rebelle islamiste ont été tués par des frappes russes, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté dimanche l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les raisons pour lesquelles « Faylaq al-Cham » a été visé par ces raids aériens russes n’étaient pas claires dans l’immédiat, alors que ce groupe a participé aux derniers pourparlers de paix au Kazakhstan sous la supervision de Moscou.

Les frappes ont touché les QG de ce groupe dans la province d’Idleb, qui fait partie des quatre zones de désescalade créées en mai en vertu d’un accord entre Moscou, Téhéran, alliés du régime syrien, et la Turquie, soutien des rebelles.

L’OSDH a rapporté samedi un bilan de 37 rebelles tués, mais ce bilan s’est alourdi après la découverte de corps sous les décombres dans l’un des QG, aux abords du village de Tall Mardikh.

D’après un correspondant de l’AFP sur place, les frappes se sont abattues sur des grottes où se trouvaient des dizaines de rebelles. Leurs entrées n’étaient plus visibles en raison du grand nombre de gravats, selon la même source.

Des enfants syriens dans le quartier détruit de Kastal al-Harami à Alep, autrefois aux mains des rebelles, pendant une tempête de sable, le 10 mars 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Des enfants syriens dans le quartier détruit de Kastal al-Harami à Alep, autrefois aux mains des rebelles, pendant une tempête de sable, le 10 mars 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Faylaq al-Cham, qui compte des milliers de combattants et est considéré comme proche de la confrérie des Frères musulmans, est présent surtout dans la province d’Idleb et celle voisine d’Alep.

Le groupe a combattu les jihadistes de l’ex-branche d’al-Qaïda en Syrie, qui dominent la majorité de la province d’Idleb et sont exclus des zones de désescalade.

Un responsable de Faylaq al-Cham a confirmé des frappes sur le village de Tall Mardikh, ainsi que la participation du groupe dans les derniers pourparlers à Astana.

« Notre participation à Astana ne signifie en aucun cas que la Russie est un pays ami et neutre », a déclaré à l’AFP Idriss Raed, responsable de relations extérieures du groupe. « Les bombardements russes ne sont pas surprenants puisque sa politique depuis son intervention en Syrie est basée sur le crime et le meurtre », a-t-il ajouté.

La Russie mène depuis 2015 une campagne militaire qui a permis à son allié, le président syrien Bashar el-Assad, de reprendre de larges pans de territoires aux rebelles et aux jihadistes.

Déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie et opposant initialement armée et rebelles syriens, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication d’autres protagonistes, d’acteurs régionaux et internationaux et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 330 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.