Le président syrien Bashar el-Assad a reconnu mercredi pour la première fois que son armée avait subi des revers mais assuré que la guerre contre les rebelles n’était pas perdue.

« Nous ne parlons pas de dizaines, ni de centaines mais de milliers de batailles et naturellement dans des batailles il y a des retraites, des victoires et des pertes. Il y a des hauts et des bas », a-t-il dit à Damas à l’occasion de la Journée des martyrs.

« Aujourd’hui, nous sommes engagés dans une guerre et une guerre ce n’est pas une bataille, mais une série de batailles », a-t-il ajouté lors de ce discours prononcé dans une école pour les enfants de soldats morts au combat.

L’armée a perdu en un peu plus d’un mois Idleb et Jisr al-Chougour, deux villes importantes dans le nord, et dans le sud le dernier poste frontière qu’elle contrôlait avec la Jordanie.

En outre, ses tentatives pour avancer dans la région de Damas se sont soldées par un échec face une rébellion unifiée.

L’ONU lance à Genève une longue série de consultations

Le médiateur de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a lancé mardi à Genève une série de discussions de longue haleine qu’il entend mener à huis clos et séparément avec les protagonistes du conflit et des acteurs internationaux, dont l’Iran.

Mardi, il a rencontré à Genève l’ambassadeur de la Syrie auprès de l’ONU, M. Hussam Edin Aala.

Plus d’une quarantaine d’acteurs syriens, dont « des acteurs politiques et militaires », « des chefs religieux et de communautés » et des représentants de la diaspora, et environ une vingtaine d’acteurs régionaux et internationaux ont été invités, a déclaré aux médias M. de Mistura, sans donner de détails sur les représentants syriens.

L’Iran, qui avait été exclu des deux conférences internationales sur la Syrie organisées par l’ONU en 2012 et 2014, a été invité. Tout comme l’Arabie saoudite, la Turquie et les membres du Conseil de sécurité.

Les groupes considérés comme terroristes par l’ONU, comme le Front Al-Nosra ou l’organisation Etat islamique, n’ont en revanche pas été conviés à Genève.

Mais M. de Mistura espère que certains des acteurs invités à Genève « auront une influence » sur ces groupes.

« Nous commençons maintenant une série de discussions en tête-à-tête avec le plus grand nombre possible d’acteurs impliqués dans le conflit syrien afin de voir si un autre round de négociations est possible », a-t-il dit.

Ces rencontres doivent durer cinq à six semaines, voire plus si nécessaire.

« Fin juin, (…) nous évaluerons la situation et déciderons de la prochaine étape », a indiqué M. de Mistura.

Soulignant l’urgence de la situation, il a estimé qu’il fallait « redoubler d’efforts » pour trouver une solution politique au conflit syrien qu’il considère être « la plus grave tragédie humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale en termes d’impact régional ».

« La détermination » à résoudre la crise « ne doit jamais être abandonnée », a-t-il déclaré.

Les discussions ont pour objectif de voir si les protagonistes « sont prêts à passer (du stade) des consultations à des négociations » basées sur le communiqué de Genève du 30 juin 2012.

Le communiqué de Genève est un document signé par les grandes puissances le 30 juin 2012 comme plan de règlement politique du conflit, à l’issue de la première conférence internationale sur la question syrienne, appelée « Genève 1 ». Mais ce communiqué est resté lettre morte.

Et la conférence Genève 2, sous les auspices de l’ancien médiateur de l’ONU Lakhdar Brahimi, s’était achevée en février 2014 sur une impasse.

Débuté en mars 2011 par des manifestations anti-régime pacifiques réprimées dans le sang, le conflit en Syrie a dégénéré en une guerre civile complexe. Plus de 220.000 personnes sont mortes et plus de 11 millions ont fui leur foyer.

Ces consultations se feront en toute discrétion au Palais des Nations unies à Genève: les bureaux où elles se dérouleront seront bouclés par la sécurité.