L’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé avoir distribué depuis janvier près de 7 500 colis de vivres aux habitants assiégés à Yarmouk dans le sud de Damas, « une goutte d’eau dans un océan », selon elle.

L’organisation a diffusé mercredi des images et une vidéo inouïes montrant des milliers d’habitants de ce camp assiégé par l’armée syrienne depuis l’été 2013, massés, le visage marqué par la faim et la fatigue, attendant dans une rue bordée d’immeubles détruits, l’aide de l’UNRWA.

Celle-ci a distribué mercredi 450 colis de nourriture, portant à 7 493 le nombre de lots délivrés depuis le 18 janvier.

« Un colis de vivres nourrit une famille de cinq à huit personnes pour 10 jours », alors que le camp abrite 18 000 Palestiniens et un nombre à peu près identique de Syriens, contre une population de 150 000 personnes avant la guerre qui ravage le pays depuis trois ans.

« Un simple calcul montre la cruelle réalité », note l’agence, soulignant que cette aide est une « goutte d’eau dans un océan ».

Une bonne partie du camp a été réduit en ruines par les combats entre l’armée et les rebelles qui s’y sont retranchés, avant de s’en retirer récemment, aux termes d’un accord avec les factions palestiniennes.

Plus d’une centaine de personnes sont mortes de pénuries depuis octobre, et les habitants vivent dans des conditions effroyables, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Mercredi, l’équipe de l’UNRWA a pu, pour la première fois depuis décembre 2012, utiliser ses infrastructures dans le camp, ce que l’agence a qualifié de « pas encourageant ».

Le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, Filippo Grandi, avait évoqué mardi les conditions de vie « choquantes » dont il a été témoin à Yarmouk, qualifiant la vision des habitants d' »une apparition de fantômes ».

« Il est impossible de ne pas être touché par les scènes apocalyptiques émergeant du camp de Yarmouk, assiégé et coupé du monde pendant des mois », a de son côté commenté l’UNRWA après la diffusion des photos.

« Des rangées de visages émaciés, […] les traits malingres et ravagés par la famine des enfants attendant un colis de vivres, le visage d’une mère ravagée par la douleur après la perte de son enfant, les larmes de joie d’un père qui se réunit avec une fille qu’il a perdue il y a longtemps, il s’agit d’exemples d’inhumanité qui sont devenus […] le quotidien de l’UNRWA », ajoute l’agence.

L’UNRWA précise que la distribution d’aides se déroule dans un « no man’s land », « sans ingérence de tierce partie » et « sans incident ».