Après un début difficile lundi, les négociations de paix sur la Syrie ont repris mardi avec les délégations de l’opposition et du gouvernement syriens se retrouvant à la même table avec le médiateur de l’ONU, a annoncé la porte-parole de Lakhdar Brahimi

Le médiateur de l’ONU Lakhdar Brahimi essaye avec difficulté de sortir du dialogue de sourds qui a caractérisé jusqu’à présent ces négociations. Il avait vu lundi séparément les deux délégations et avait ensuite renoncé à parler à la presse.

« L’atmosphère est négative », a commenté une source proche de la délégation gouvernementale avant le début de la réunion mardi matin.

Lundi soir, la délégation de l’opposition syrienne avait averti qu’elle ne participerait pas à une troisième session si aucun progrès n’intervenait.

« S’il n’y a aucun progrès, je pense que ce serait une perte de temps d’envisager une troisième session », avait dit à la presse le porte-parole de l’opposition, Louai Safi.

Il a précisé que la délégation de l’opposition avait abordé le sujet avec le médiateur de l’ONU lundi au début de la deuxième session qui doit en principe s’achever vendredi. La première session, les premières négociations en trois ans de conflit, s’était tenue en janvier, sans résultat tangible.

Tant qu’il y aura une lueur d’espoir que les discussions puissent se poursuivre, « nous ne fuirons pas. Nous n’allons pas renoncer », a déclaré M. Safi, en ajoutant toutefois que s’il n’y avait aucun progrès « il ne faudrait pas faire semblant de faire quelque chose ».

Le porte-parole de la Coalition de l'opposition syrienne Louai Safi arrive pour le second tour des négociations, le 11 février 2014 à Genève (Crédit : AFP Philippe Desmazes)

Le porte-parole de la Coalition de l’opposition syrienne Louai Safi arrive pour le second tour des négociations, le 11 février 2014 à Genève (Crédit : AFP Philippe Desmazes)

Côté gouvernemental, on affirme ne pas vouloir renoncer, laissant ainsi à l’opposition la responsabilité d’une éventuelle rupture.

« Le gouvernement syrien et sa délégation ne reculeront pas d’un pouce et resteront même si les autres s’en vont. La Syrie va rester à cette conférence », a assuré lundi le vice-ministre des Affaires étrangères, Faysal Mokdad

Pour tenter de débloquer la situation le coparrain russe de la conférence a proposé une réunion élargie incluant les deux coparrains. Les Etats-Unis ont accepté.

Mais pour le moment seule une réunion entre M. Brahimi et des diplomates russes et américains de haut rang a été annoncée pour vendredi sans mention d’une participation syrienne.