L’Iran, principal soutien régional du régime syrien s’est dit « hostile » à la présence des Etats-Unis aux négociations de paix d’Astana pour le règlement du conflit en Syrie qui débutent lundi.

« Nous sommes hostiles à leur présence [les Etats-Unis] et nous ne les avons pas invités », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dont le pays parraine ces pourparlers avec la Russie et la Turquie. Zarif était cité mardi soir par l’agence Tasnim.

« A ce stade, il faut garder le cadre tripartite, tout élargissement peut augmenter les risques d’échecs. Notre politique n’est pas d’ajouter d’autres pays à ce stade », a précisé par ailleurs mercredi à l’AFP le porte-parole de la diplomatie iranienne, Bahram Ghassemi.

Il a ajouté qu’il fallait d’abord parvenir à des résultats à Astana et, à partir de « ces premiers pas », envisager éventuellement la présence d’autres pays.

« Les négociations et consultations se poursuivent » avec la Russie et la Turquie pour fixer le niveau de participants aux pourparlers d’Astana, a-t-il dit.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, pendant une conférence de presse à Téhéran, le 22 août 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, pendant une conférence de presse à Téhéran, le 22 août 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Ce qui est pour le moment clair c’est que la réunion ne sera pas au niveau ministériel. Ce sera probablement au niveau des vice-ministres », selon lui.

Enfin, il a rejeté toute divergence avec la Russie sur les négociations, notamment la présence des Etats-Unis.

« Nous avons commencé depuis longtemps un travail commun et il y a de fortes convergences [avec la Russie]. Il peut y avoir à un stade donné, comme cela a été le cas par le passé, des sensibilités différentes sur certains sujets », toujours surmontées « par des discussions », a assuré Ghassemi.

Cette prise de position iranienne intervient alors que la Russie, alliée de Téhéran dans le conflit syrien, a souligné qu’il serait « juste » que la nouvelle administration américaine de Donald Trump soit invitée dans la capitale kazakhe.

De même, la Turquie a affirmé à plusieurs reprises que les Etats-Unis étaient invités à participer aux négociations d’Astana.

Mardi, la diplomatie russe a affirmé que les négociations directes à Astana entre émissaires de Damas et rebelles syriens devaient permettre la « consolidation » du cessez-le-feu en Syrie et de tenter de parvenir à un règlement politique du conflit.