Le président américain sortant Barack Obama a déclaré dimanche ne pas regretter son discours de 2012 qui prévenait le président syrien Bashar el-Assad que l’usage d’armes chimiques était une « ligne rouge » à ne pas franchir.

Cette déclaration est considérée par de nombreux observateurs comme symbolique de l’incapacité des Etats-Unis à peser sur le conflit syrien.

Obama avait tenu ces propos en août 2012, menaçant d’une possible intervention militaire américaine en Syrie. « Nous avons fait savoir de façon claire et nette à toutes les forces dans la région qu’il s’agissait d’une ligne rouge pour nous, et qu’il y aurait des conséquences énormes » si des armes chimiques entraient dans le champ du conflit, avait déclaré le président à l’époque.

Dans ce qui devrait être sa dernière interview télévisée comme président, Obama a confié dimanche à l’émission « 60 minutes » de la chaîne américaine CBS qu’il avait improvisé la phrase.

« Je ne regrette pas du tout d’avoir dit que si je voyais Bashar el-Assad utiliser des armes chimiques contre son peuple, cela changerait mon évaluation sur ce que nous étions prêts à faire ou pas en Syrie », a-t-il assuré. « J’aurais fait une plus grande erreur si j’avais dit ‘Eh, des armes chimiques. Ça ne change pas vraiment mes calculs’. »

Le président syrien Bashar el-Assad repond aux questions des médias russes RT, Rossiyskaya Gazeta, la Première chaîne, Russie 24, RIA Novosti et la chaîne NTV, le 15 septembre 2015. (Capture d'écran: RT)

Le président syrien Bashar el-Assad repond aux questions des médias russes RT, Rossiyskaya Gazeta, la Première chaîne, Russie 24, RIA Novosti et la chaîne NTV, le 15 septembre 2015. (Capture d’écran: RT)

« Je pense qu’il était important pour moi en tant que président des Etats-Unis d’envoyer le message qu’il y a bien quelque chose de différent sur les armes chimiques, a ajouté Obama. Et malgré la façon dont ça s’est fini […], ce qui est vrai c’est qu’Assad s’est débarrassé de ses armes chimiques. »

En 2013, l’armée syrienne avait utilisé des armes chimiques lors d’une attaque contre des zones contrôlées par les rebelles près de Damas, tuant près de 1 500 civils dont plus de 400 enfants et provoquant une indignation planétaire.

D’autres attaques ont eu lieu depuis, commises par l’armée et le groupe terroriste Etat islamique, selon l’ONU.

A l’époque, les Etats-Unis semblaient préparer une attaque aérienne contre le régime syrien, avant de renoncer à la dernière minute car Washington avait accepté un accord négocié par Moscou pour que Bashar el-Assad se débarrasse de ses armes chimiques.

Nombre de critiques jugent que cette décision a encouragé la Russie à lancer ses propres opérations militaires en Syrie, qui ont remis le régime sur pied et tué de nombreux civils, et à intensifier son opposition à Washington.