La France écarte toujours l’hypothèse de frappes aériennes contre les djihadistes de l’Etat islamique en Syrie et reste sur sa stratégie de soutien à l’opposition modérée syrienne, a déclaré lundi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

« En Irak, nous participons à l’opération de soutien aérien (pour lutter contre les djihadistes), en Syrie nous aidons l’opposition. C’est notre position et elle ne change pas », a déclaré Fabius devant le centre de réflexion CFR (Council on Foreign Relations) à New York.

La situation s’est encore aggravée en Syrie, où les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI), ont lancé ces derniers jours une offensive dans le nord-est du pays, poussant à l’exode plus de 130 000 Syriens, principalement kurdes, qui ont trouvé refuge en Turquie.

Paris, qui participe à la coalition contre le groupe EI, est le seul pays européen à avoir jusqu’ici participé à la campagne de frappes aériennes menée par les Etats-Unis dans le nord de l’Irak, mais a exclu de faire de même en Syrie.

« Jusqu’à maintenant le président français a indiqué que nous n’avions pas l’intention de faire la même chose (en Syrie) mais que nous allions aider l’opposition modérée », a rappelé Fabius.

« Il est possible d’agir en Syrie mais, d’une part, la France ne peut pas tout faire et, d’autre part, nous considérons que soutenir l’opposition modérée est une nécessité » pour lutter à la fois contre le groupe EI et le régime du président syrien Bashar el-Assad, a-t-il dit.

Paris rejette toute légitimité du président syrien, considéré comme responsable de la sanglante guerre qui a fait 200 000 morts en plus de trois ans dans le pays, et craint que mener des frappes contre les djihadistes en Syrie n’aboutisse à renforcer son régime.