Trois ans après le début des violences et des combats en Syrie, quelque 500 000 personnes, vivant dans des zones inaccessibles, ne reçoivent toujours pas l’aide alimentaire dont elles ont besoin, a indiqué lundi à Genève un responsable du Programme alimentaire mondial (PAM).

« L’accès a commencé à s’améliorer (…), il faut faire encore bien davantage », a déclaré à Genève le directeur-adjoint du PAM Amir Abdulla.

En février, le PAM avait prévu de livrer des rations alimentaires à 4,25 millions de Syriens. Il n’a pu distribuer des rations qu’à 3,7 millions d’entre eux, et 500 000 sont restés sans aide.

Le PAM a cependant pu atteindre pour la première fois depuis plusieurs mois 71.000 civils dans des zones jusqu’ici inaccessibles, a précisé le responsable du PAM, notamment à Idlib, dans le Damas rural et les provinces de Deraa et Deir-ez-Zor.

Dans les zones contrôlées par les rebelles du nord-est de la Syrie, « des groupes armés sont hostiles aux organisations internationales et menacent la vie » des employés humanitaires, a précisé Amir Abdulla.

Le PAM distribue des rations journalières de 1 600 calories par personne et voudrait porter ce seuil à 1 900 calories, un niveau plus proche des 2 100 calories jugées comme essentielles.

L’agence de l’ONU a dû renoncer à cette augmentation des rations en raison du manque de fonds.

Le PAM a besoin de 300 millions de dollars pour les trois prochains mois, ce qui représente 1,5 milliard USD d’ici la fin de l’année. Ses opérations en Syrie lui coûtent 40 millions de dollars par semaine.

« Cela fait beaucoup d’argent, et il faut trouver une solution politique à la crise humanitaire », a affirmé le directeur adjoint du PAM.

Une réunion de coordination avec les donateurs doit avoir lieu le 18 mars au Koweït dans l’espoir de débloquer des fonds supplémentaires rapidement.

Si ces fonds n’arrivent pas, les rations devront être réduites jusqu’à      50 % en avril et mai, a averti Amir Abdulla.