Les troupes du régime multiplient les raids aériens contre le fief rebelle de Yabroud, et des combats acharnés ont lieu sur les fronts d’Idleb et Homs en Syrie, où le conflit va entrer dans sa 4e année sans espoir d’une solution rapide.

A Homs, un attentat à la voiture piégée a fait au moins 15 morts dans le « quartier arménien », où vivent des chrétiens et des alaouites, la confession du chef de l’État Bachar al-Assad, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’agence officielle Sana a fait état d’un « attentat terroriste » dans la rue principale du quartier « qui a fait des martyrs, des blessés et des dégâts ». Le mot « terroriste » est utilisé par le régime pour désigner les rebelles.

Ailleurs dans le pays, cinq personnes ont été tuées et 20 blessées dans l’explosion d’un camion piégé près d’un QG du renseignement militaire à l’entrée sud de la ville de Hama (centre), selon l’OSDH. La télévision d’Etat a fait état de quatre morts dans une « explosion terroriste ».

Et dans la province de Raqa (au nord du pays), deux kamikazes du groupe djihadiste le plus radical de Syrie -l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL)- ont détoné les explosifs qu’ils transportaient dans une base de l’armée assiégée, a ajouté l’OSDH. Des combats s’en sont suivis faisant plusieurs morts parmi les soldats.

Le conflit en Syrie, né de la répression sanglante par le régime de la révolte pacifique déclenchée le 15 mars 2011, a fait plus de 140 000 morts, selon l’OSDH. Il est devenu plus complexe avec la montée en puissance de jihadistes venus en majorité de l’étranger et les combats opposant ces jihadistes aux rebelles.

Raids sur Yabroud

Appuyées sur plusieurs fronts par les combattants du Hezbollah libanais et des miliciens étrangers chiites, les troupes du régime ont accentué leurs raids aériens sur Yabroud, au nord de Damas, qu’elles tentent de reconquérir depuis des mois pour bloquer hermétiquement la frontière avec le Liban.

L’OSDH, qui s’appuie sur un vaste réseau de militants et de médecins sur le terrain, a fait état de huit raids à Yabroud, dernière importante ville aux mains des rebelles dans la région montagneuse de Qalamoun, près du Liban.

Dans la province d’Idleb (nord-ouest), des combats faisaient rage autour de la ville de Morek sur la route stratégique menant à la province de Hama (centre), dont l’armée a besoin pour assurer le ravitaillement de ses troupes, a poursuivi l’OSDH.

L’armée veut reprendre Morak et sécuriser la route, mais les rebelles ont lancé des attaques et chassé les soldats de points de contrôle sur cette route, cible de raids de représailles de l’armée, selon la même source.

Une négociatrice a par ailleurs indiqué à l’AFP que le contact avait été perdu avec 13 religieuses et trois auxiliaires enlevées début décembre à Maloula par les jihadistes du Front al-Nosra. « Il est très probable qu’elles aient été transférées vers une région entre Yabroud et la frontière libanaise », a-t-elle précisé, sous le couvert de l’anonymat.

Dans le camp de réfugiés palestinien de Yarmouk à Damas, un homme a été tué dans un bombardement du régime. Des combats ont repris dans ce camp assiégé entre un groupe palestinien pro-régime et des rebelles jihadistes, rompant de fait la trêve en vigueur et provoquant la suspension de l’aide humanitaire.

La veille, la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’Homme en Syrie a dénoncé le recours aux sièges des villes et à la famine comme méthode de guerre par le régime syrien.

Certains quartiers rebelles de la vieille ville de Homs sont ainsi assiégés depuis plus d’un an par le régime, et plusieurs centaines de civils y manquent de tout, se nourrissant d’herbes et d’olives selon plusieurs témoignages.