En plein conflit, un artiste syrien a décroché un record Guinness pour la plus grande « peinture murale » faite entièrement à partir d’objets recyclés.

Moaffak Makhoul, à la tête d’une équipe formée de six professeurs d’arts, a réalisé cette création dans le quartier huppé de Mazzé à Damas, alors que les violences ravagent le pays depuis trois ans.

« La plus grande ‘peinture murale’ faite de matières recyclées mesure 720 mètres carrés, et elle est réalisée par Moaffak Makhoul et une équipe de six artistes dans le quartier de Mazzé à Damas », a indiqué le Guinness des records sur sa page Facebook, indiquant que le travail a été achevé en janvier.

« Nous avons entamé le travail en octobre dernier », raconte Makhoul à l’AFP affirmant avoir eu « besoin, dans le climat actuel, d’offrir quelque chose à la patrie, de faire connaître le peuple syrien qui aime la beauté, la vie et la nature ».

Le mur est fait à partir de pièces recyclées de voitures, de vélos, d’ustensiles de cuisine, de tuyaux, de cannettes de boissons, de céramique et de miroirs.

« C’est le premier record Guinness pour un mur artistique fait à partir de déchets », indique Makhoul.

Le mur donne sur l’autoroute de Mazzé, dans le centre de la capitale, que traversent quotidiennement des centaines de passants et de voitures.

« Le mur redonne de l’espoir. Damas est blessé et triste, mais les amoureux viennent se faire photographier près du mur », affirme Souheil Amayri, un des professeurs ayant participé à l’oeuvre.

« Créer de belles choses à partir d’ordures signifie que nous pouvons tout reconstruire malgré les destructions », dit-il.

« C’est un simple message visant à revêtir la rue de couleurs. Cela émeut les gens », a déclaré pour sa part l’artiste Rajaa Wabi.

« Les couleurs apportent de la joie et cet ouvrage a fait sortir l’art dans la rue, attirant les gens de toutes les catégories », explique-t-elle.

« L’ouvrage les a réunis », ajoute Rajaa.

« Des femmes au foyer ont apporté des déchets domestiques et beaucoup de personnes venant de zones de guerre ont remis les clés ou des objets de leurs maisons, ajoutant un côté humain au tableau », a-t-elle indiqué.