Un tribunal israélien a décidé jeudi de libérer vendredi Beny Steinmetz, un milliardaire franco-israélien, et Tal Silberstein, un ex-conseiller du chancelier autrichien, interpellés dans une enquête internationale sur des faits présumés de blanchiment, a indiqué la police.

MM. Steinmetz et Silberstein restent en garde à vue jusqu’à vendredi. Mais le tribunal de Rishon LeZion (centre) a accepté leur libération, assortie de restrictions, a dit la police, sans préciser la nature de ces restrictions.

Les deux hommes ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête sur de fausses transactions, parmi lesquelles des opérations immobilières dans un pays étranger, et sur la fabrication et l’usage de faux documents pour transférer et blanchir de l’argent.

Leur arrestation a causé une onde de choc en Israël, mais aussi en Autriche.

M. Steinmetz, 61 ans, cofondateur de Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), groupe international de sociétés minières, est la 17e plus grosse fortune d’Israël, évaluée à plus d’un milliard de dollars, selon le classement du magazine Forbes.

Il est inculpé en Roumanie depuis mai 2016 pour « constitution d’un groupe criminel organisé, complicité de trafic d’influence et de blanchiment d’argent » dans une affaire de restitution frauduleuse de propriétés ayant coûté à l’Etat roumain 145 millions d’euros. Le parquet national roumain a ordonné son renvoi devant un tribunal.

Quant à Tal Silberstein, il était un rouage important de la campagne électorale du parti social-démocrate du chancelier Christian Kern pour les législatives anticipées d’octobre. Cette formation a immédiatement annoncé qu’elle cessait de coopérer avec lui.

Le nom de M. Steinmetz apparaît dans une autre affaire de corruption et de blanchiment, menée en coopération avec les polices américaine, suisse et guinéenne. Il avait été entendu dans ce cadre par les policiers israéliens en décembre 2016, puis temporairement assigné à résidence.

M. Steinmetz s’était défendu lundi, lors de sa présentation à un tribunal, de toute malversation et avait dénoncé des investigations aux motivations politiques, dignes de régimes « totalitaires ».