Un haut responsable iranien a accusé mardi Ryad d’avoir recours au Yémen à des tactiques dignes de « l’époque de la guerre froide », après le largage par l’Arabie saoudite de tracts critiquant l' »expansion perse ».

Les tracts, qui contiennent le mot « perse » en référence à la langue parlée en Iran et l’ancien nom de ce pays, ont été largués, selon un correspondant de l’AFP à Sanaa, lors de l’opération « Tempête décisive », lancée le 26 mars par la coalition arabe dirigée par Ryad et qui a pris fin officiellement le 21 avril. Les raids se sont poursuivis cependant depuis.

L’Arabie saoudite et l’Iran, les deux grandes puissances rivales de la région, se livrent régulièrement à des attaques mutuelles depuis le lancement de cette opération aérienne qui vise à empêcher les rebelles chiites, soutenus par Téhéran, de prendre le contrôle de tout le Yémen après avoir conquis plusieurs régions.

« Larguer ces tracts, qui racontent des mensonges, a pour but d’effrayer les Yéménites », a déclaré Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Le tract dit en arabe : « Mon frère du Yémen, le but de la coalition est de soutenir le peuple du Yémen contre l’expansion perse ».

L’amiral Shamkhani, un proche conseiller du guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, a en revanche affirmé que l’Iran aidait le Yémen en s’opposant aux frappes aériennes et en fournissant une aide humanitaire.

Pour lui, les tracts sont « simplistes » et dénotent une pensée rétrograde. « C’est une technique que les gouvernements occidentaux utilisaient pour effrayer les gens lors de la guerre froide », a-t-il dit.

Le chargé d’affaires saoudien à Téhéran avait été convoqué vendredi par les autorités iraniennes au sujet d’avions humanitaires contraints, selon elles, de rebrousser chemin alors qu’ils se rendaient au Yémen, dont l’espace aérien est contrôlé par la coalition arabe.

L’ayatollah Ali Khamenei avait récemment comparé les frappes de la coalition « à ce que fait le régime sioniste (Israël, ndlr) à Gaza », les qualifiant de « massacre » et de « génocide ».