L’influence de l’Iran au Proche et au Moyen-Orient n’a jamais été aussi forte, a déclaré lundi le président iranien Hassan Rohani, tout en mettant en garde contre les risques que font peser sur le pays les dissensions politiques internes.

« L’importance de la nation iranienne dans la région est plus forte qu’à toute autre période », a déclaré M. Rohani dans un discours à Téhéran retransmis par la télévision d’État.

« En Irak, en Syrie, au Liban, en Afrique du Nord, dans la région du golfe Persique, où peut-on mener une action décisive sans tenir compte du point de vue iranien? », a ajouté le président.

M. Rohani a tenu ces propos alors que le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a entamé dimanche dans le Golfe une tournée diplomatique destinée, selon ce dernier, à contrecarrer l’influence de l’Iran, que Washington accuse d’être un facteur d’instabilité régionale.

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson lors d'une conférence de presse à Doha, le 11 juillet 2017. (Crédit : AFP/STRINGER)

Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson lors d’une conférence de presse à Doha, le 11 juillet 2017. (Crédit : AFP/STRINGER)

M. Tillerson a notamment exigé que « tous les combattants étrangers en Irak », en particulier ceux des « milices iraniennes » rentrent chez eux « maintenant que le combat contre » le groupe État islamique (EI) « touche à sa fin ».

M. Rohani n’a pas répondu spécifiquement à ces propos, dans lesquels son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a vu sur Twitter la preuve d’une « politique étrangère américaine honteuse, dictée par les pétrodollars ».

Le président iranien a d’autre part mis en garde contre les dissensions entre dirigeants de la République islamique.

« Nous ne devons pas penser que nuire à une partie du système politique renforcera une autre branche, non : c’est tout le système de gouvernement qui s’effondrera alors », a-t-il affirmé.

Conservateur modéré, M. Rohani a été réélu en mai pour un mandat de quatre ans sur la promesse de revigorer la croissance économique grâce à la levée des sanctions économiques internationales obtenue par l’accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 entre Téhéran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie).

Cet accord, par lequel l’Iran a accepté de brider son programme nucléaire afin de garantir qu’il ne cherche pas à obtenir l’arme atomique, fait de nouveau l’objet de vives critiques de la part du clan ultraconservateur depuis que le président américain Donald Trump a menacé le 13 octobre d’en retirer son pays et qu’il a plaidé pour de nouvelles sanctions des États-Unis pour contrer l’influence iranienne en Syrie et en Irak, où Téhéran soutient la lutte des autorités locales contre l’État islamique.