Le mois d’août signe le coup d’envoi de l’événement Tel Aviv Dance – trois mois de spectacles de danse qui seront accueillis au Centre pour la danse et le théâtre Suzanne Dellal à Neve Tzedek.

« Nous sommes à la recherche de quelque chose de différent de ce que nous avons ici », explique Yair Vardi, directeur de Suzanne Dellal. « C’est ce que je tente de faire – et parfois j’y arrive, et parfois non – mais nous voulons transmettre de nouveaux messages, de nouvelles idées, de nouvelles initiatives, toucher le public pour qu’il veuille en voir davantage ».

Le centre Suzanne Dellal héberge dans ses murs la compagnie Batsheva, un groupe de danseurs contemporains qui a été fondé par la célèbre danseuse Martha Graham et qui est maintenant dirigé par Ohad Naharin, connue pour ses chorégraphies émergentes ainsi que pour ‘Gaga’, ce langage inventé de mouvement auquel sont formés les membres de Batsheva – et qui vise également le public.

Pendant l’événement Tel Aviv Dance, toutefois, les studios et les scènes du centre Suzanne Dellal s’ouvriront à des douzaines de danseurs venus de tout le pays et de tout le globe, qui apporteront leurs propres alignements, leurs propres pas et leurs propres renversements au public.

Cette année, les 12 compagnies qui seront représentées viennent d’Allemagne, de Chine, d’Espagne, de Hong Kong, de Turquie, de Hongrie, de Belgique, de Suède et d’Ukraine. Parmi les troupes locales, Batsheva, la compagnie de danse contemporaine Kibbutz, Inbal Pinto et Avshalom Pollack, Kamea, le Ballet de Jérusalem, Compas Flamenco et d’autres.

Gauthier Dance//la compagnie Theaterhaus de Stuttgart, qui vient d'Allemagne, sera à découvrir à Tel Aviv Dance (Autorisation : Regina Brocke)

Gauthier Dance//la compagnie Theaterhaus de Stuttgart, qui vient d’Allemagne, sera à découvrir à Tel Aviv Dance (Autorisation : Regina Brocke)

Du 2 août au 31 octobre, les troupes venues de l’étranger se prêteront à 15 premières mondiales et à de nouvelles performances offertes par les artistes israéliens.

« Nous écoutons ce qu’il se passe dans le monde », explique Vardi. « Nous recherchons des danseurs qui ne sont pas venus ici, qui nous amènent des messages sociaux et des oeuvres ethniques ».

Le festival Tel Aviv Dance a pris corps lorsque Vardi a découvert qu’il y avait un grand nombre de troupes qui voulaient se produire en Israël.

« Trois mois, cela fait une longue période à remplir et pour que le public nous suive, mais cela permet également aux gens de voir plus d’un spectacle et de découvrir différents types de danse », dit-il. « Cela nous donne un lieu pour promouvoir ce que nous aimons et cela nous permet d’offrir un espace aux Premières israéliennes ».

Vardi souligne que plusieurs troupes israéliennes ont ainsi trouvé, « contre toutes attentes », un espace à occuper sur la scène locale de la danse contemporaine, évoquant notamment le flamenco des danseurs de Compas et de Silvia Duran ainsi que la danse du ventre.

La Compañía Sara Calero, venue d'Espagne à Tel Aviv Dance (Autorisation : Sara Fernando Marcos)

La Compañía Sara Calero, venue d’Espagne à Tel Aviv Dance (Autorisation : Sara Fernando Marcos)

« Nous sommes sur le devant de la scène concernant la danse dans le monde, et nous avons tant à offrir en termes de qualité comme de quantité », dit-il. « Nous sommes une force essentielle dans ce domaine et c’est pour cela que tout le monde veut venir donner un spectacle ici ».

L’un des spectacles préférés de Vardi lors de l’événement est Roderick George / kNoname Artist, une troupe originaire d’Allemagne, qui offrira une représentation de « D U S T », le 7 et le 9 août. C’est un ensemble de quatre danseurs qui combinent le hip hop avec le ballet, chorégraphié par George, ancien soliste de la compagnie américaine Cedar Lake.

Vardi note également la présence du seul ballet chinois non-gouvernemental, Beijing Dance/LDTX, qui a été créé en 2005 par Willy Tsao et Li Han-zhong et dont la compagnie porte le nom des initiales de l’expression chinoise « le tonnerre qui fait trembler l’univers ». Le groupe navigue entre l’unisson et le chaos sur la musique du bassiste américain David Darling.

La compagnie de danse contemporaine de la ville de Hong Kong (Autorisation : Conrado Dy-Lia)

La compagnie de danse contemporaine de la ville de Hong Kong (Autorisation : Conrado Dy-Lia)

Il y aura la Compagnie Thor au mois d’octobre, sous la direction du danseur belge Thierry Smits, dont les danseurs hommes se trouvent dans un état de nudité permanent dans « Anima Ardens », considéré comme un spectacle très moderne, esthétique et provocateur.

Parmi les Premières israéliennes, « IceTree » de Pinto et de Pollak, « le lait de la mère », de la compagnie Kibbutz, par Rami Beer et « la mégère apprivoisée » par le Ballet de Jérusalem.

Il y aura également des spectacles donnés pour les enfants durant ces trois mois, avec « Blanche Neige et les sept nains », dansé par la troupe de flamenco israélienne Compas et « Youmake Remake », le spectacle interactif de Renana Raz qui a été joué au musée d’art de Tel Aviv.

A la fin du mois d’octobre, la danseuse suisse Charlotta Öfverholm donnera une représentation de : « L’âge sur scène : Kit de survie », avec un débat qui suivra le spectacle le 24 octobre.

La performance offerte par Öfverholm est une collaboration avec plusieurs danseurs israéliens, Sharon Fridman et Rafael Sady, ainsi qu’avec Talia Paz, ancienne danseuse de la troupe Batsheva.

Sady, qui s’est produit et qui a vécu depuis des années hors d’Israël, explique être toujours ravi d’avoir l’opportunité de remonter sur scène au sein de l’Etat juif. Le travail avec Öfverholm a commencé il y a plusieurs année lorsqu’elle lui a demandé de travailler sur un projet de trois ans évoquant les danseurs plus âgés qui continuent à vivre leur passion sous les yeux du public.

« C’est la question qu’il y a toujours dans la profession », dit Sady. « Nous sommes nés avec le virus de la danse, et on se demande toujours jusqu’à quel âge on va pouvoir danser ».

Le projet d’Öfverholm souligne qu’il n’y a aucune raison de cesser de danser, dit Sady, tant que le désir et l’amour de la danse sont encore là.

« J’ai été fasciné par tout cela », dit Sady. « Et je suis heureux de faire partie de ce festival avec ce projet, de créer un espace pour permettre aux danseurs plus âgés de présenter leur travail ».

Le programme et les billets pour toutes les représentations de Dance Tel Aviv sont disponibles sur le site du Centre Suzanne Dellal.