Des témoins oculaires, propulsés ce mercredi matin au milieu d’une attaque terroriste à Tel-Aviv, ont décrit des scènes de panique et de chaos après qu’un Palestinien a poignardé plus d’une douzaine de personnes dans un bus.

L’un des officiers des services pénitentiaires en action sur les lieux a raconté comment lui et ses collègues ont compris que quelque chose n’allait pas quand ils ont vu le bus devant eux zigzaguer dans la rue.

Benny Butrashvilli et d’autres officiers de l’unité de Nachshon de l’administration pénitentiaire, spécialisée dans le transport et la sécurisation des détenus, roulaient à bord d’un véhicule derrière le bus numéro 40 quand il a commencé à serpenter sur la route.

« J’ai vu le bus s’arrêter au feu vert puis des gens s’en extraire et crier à l’aide, raconte-t-il. Nous avons compris que c’était un attentat terroriste. »

L’assaillant, un Palestinien de 23 ans de Tulkarem, a été légèrement blessé à la jambe avant d’être capturé.
Butrashvilli explique que lui et d’autres officiers ont couru après lui, alors qu’il tentait de s’échapper.

« Nous avons identifié le terroriste et couru après lui. Je l’ai bloqué d’un côté et les autres officiers l’ont bloqué par la gauche et ont tiré en l’air. Nous avons tiré dans ses jambes, le terroriste est alors tombé, et nous l’avons menotté et attendu que la police arrive. Après avoir été blessé aux jambes, il n’a rien dit. »

L’attaque a apparemment commencé lorsque l’agresseur a poignardé le chauffeur de bus, Herzl Biton, à la poitrine alors que celui-ci tentait de lui résister.

L’homme a alors commencé à poignarder d’autres gens.

Un passager du bus lors de l’attaque, qui a fait au moins 17 blessés, dont certains dans un état grave, a parlé de confusion quand l’attaquant a poignardé le conducteur.

« J’ai entendu des cris et je ne comprenais pas ce qui se passait, raconte-t-il. Tout le monde a couru à l’arrière de l’autobus. Le terroriste était à un demi-mètre de moi. Le chauffeur n’a pas réussi à ouvrir les portes. Dès qu’il l’a fait, tout le monde a couru. »

Liel Suissa, un élève de troisième à bord du bus, relate qu’il a échappé de justesse à l’attaquant.

« J’ai jeté mon sac sur le terroriste quand il nous a approchés, pour l’éloigner. Le chauffeur a appuyé sur le frein quand le terroriste s’est approché de nous. Il a été projeté et j’ai donné un coup de pied à la fenêtre, qui s’est cassée et nous avons pu sortir. Et le conducteur a ouvert la porte. »

L’attaque est survenue lorsque le bus, une ligne urbaine allant de Bat Yam vers le Nord de la ville, a traversé l’intersection très fréquentée du pont Maariv à environ 07h30, au milieu des voitures, des bus et des piétons.

La nièce du conducteur, Heli Soussan, a déclaré aux journalistes devant l’hôpital Ichilov que son oncle est dans un état grave avec des blessures au foie, et avait subi une opération.

Elle raconte que Biton a aspergé le terroriste de gaz poivré.

Un ami a raconté à la Deuxième chaîne que le chauffeur l’a appelé après avoir été poignardé, et lui a dit : « s’il m’arrive quelque chose, prends soin de mes enfants ».

Un témoin oculaire a confié à Walla qu’il a vu le bus s’arrêter et les gens sortir.

« J’ai vu le terroriste courir hors du bus et deux gardiens de prison courir derrière lui. Ils ont tiré en l’air et lui ont dit de s’arrêter, mais il a continué de courir vers la rue Hamasger. Ils lui ont tiré dessus et l’ont maîtrisé. »

Le commandant de police du district de Tel-Aviv, le major-général Benzi Sau, s’exprimant peu après l’événement, a qualifié l’attaque de « difficile et grave », selon le site de Ynet.

« Dès qu’il est monté dans le bus, il a commencé à attaquer le conducteur avec un objet pointu, l’a blessé plusieurs fois, puis a poignardé d’autres passagers », a déclaré Sau.

« La réaction du chauffeur a été excellente. Il s’est battu, il a résisté, et ce faisant, a déconcerté le terroriste. »

Sau a ajouté que tout est mis en œuvre pour identifier d’autres suspects éventuels impliqués dans l’attaque.

« En collaboration avec le service de sécurité du Shin Bet, nous enquêtons pour savoir s’il avait des complices. »