Le Times of Israel rapportait la semaine dernière la tenue d’un événement qui aura lieu le jeudi 13 août prochain : Tel Aviv sur Seine.

Cet événement qui durera l’espace d’une seule journée a pour but de mettre à l’honneur « la bulle » moyen-orientale autour de diverses activités locales : matkot, initiations culinaires, Beach party et bien d’autres activités.

Ce partenariat entre les deux villes est loin de n’avoir fait que des heureux.

C’est ainsi que ce week-end du 8 aout 2015 a été l’occasion d’un acharnement sur les réseaux sociaux, explique Le Parisien.

Le quotidien analyse qu’un rapport direct a été fait entre les récentes attaques qui ont causé la mort de plusieurs civils, israéliens et palestiniens, et la représentation de la ville de Tel Aviv à Paris plage.

Twitter et Facebook se sont embrasés, le hashtag #TelAvivSurSeine apparait en tête des hashtags utilisés sur Twitter ou les pro et les anti-événement se renvoient la balle de manière souvent violente.

Les pro-événement tiennent un discours faisant éloge de l’ouverture d’esprit de la ville blanche.

Des photos de la plage où se rencontrent les populations arabes et les touristes loin des clichés d’apartheid souvent mis en avant.

Des photos de la Gay Pride, événement de grande ampleur organisé tous les ans à Tel Aviv et qui réunit des touristes du monde entier, sont publiées pour illustrer la tolérance de la capitale économique d’Israël.

Tandis que les anti-événement prônent un discours qui met l’accent sur la politique d’implantation d’Israël.

Un an après l’opération Bordure Protectrice qui a fait plus de
2 000 morts ne devrait pas être mis à l’honneur par la mairie de Paris.

Les photos utilisées pour asseoir leur propos sont violentes : des soldats israéliens qui s’en prennent à des enfants, des corps sans vie sur la plage…

Facebook participe à la polémique.

D’abord par la création d’un groupe « Contre Tel Aviv sur Seine » qui a immédiatement été supprimé.

En réponse, un groupe de
« Soutien à Tel Aviv sur Seine » a été créée, il comptabilise, à l’heure de l’écriture de ces lignes, 5 250 « like ».

La classe politique française a également réagi à la polémique.

La mairie de Paris, Anne Hidalgo reste ferme quand à la tenue de l’événement.

Un responsable de la mairie de Paris, qui s’est entretenu avec le Parisien déclare que : « la ville n’envisage pas d’annuler cet événement uniquement festif et culturel ».

Danielle Simonnet, conseillère de Paris du Front de gauche a, quant à elle, qualifié d’indécent l’organisation d’un tel événement. Elle a déclaré sur France Inter « Tel Aviv, c’est pas Copacabana. Tel Aviv, c’est la capitale d’Israël, » rapporte BFMTV.

Cette dernière pense que l’événement devrait être annulé en justifiant ses positions ainsi : « Une année après les massacres de la bande de Gaza par l’Etat et l’armée israélienne et alors que le gouvernement israélien intensifie sa politique de colonisation ». Pour Danielle Simonnet, Tel Aviv sur Seine n’envoie pas le « bon message ».

Pour Bruno Juliard, premier adjoint au maire de Paris, il est important de ne pas faire d’amalgame entre un événement festif et la politique israélienne. Il a déclaré sur itélé que l’événement « n’était pas une tentative de promotion du gouvernement israélien ». Il explique que l’événement a été organisé au sein d’une nouvelle politique de collaboration entre les deux pays.

A droite le député des Républicains, Eric Ciotti a dénoncé une polémique « aux relents antisémites », accusant « l’extrême gauche » parisienne.

Mme Simonnet a aussitôt jugé « hallucinant » qu’à « partir du moment où vous exprimez une critique sur le gouvernement de l’Etat d’Israël, tout de suite vous vous faites taxer d’antisémitisme ».

Meyer Habib, député de la 8ème circonscription des Français de l’étranger, a réagi sur Twitter aux propos de Danielle Simonnet.

Le philosoqphe français, Bernard-Henri Lévy a réagit à la polémique, critiquant vivement la position adoptée par une partie de la gauche.

La Mairie de Paris a voulu rappeler les différents partenariats qui existent entre des villes françaises et des villes aussi bien israéliennes que palestiniennes.

Soulignant qu’il ne s’agissait absolument pas d’un événement isolé, bien au contraire, cet événement intervient dans une politique plus large de coopération économique entre les deux pays, décidé suite à sa récente visite dans l’État hébreu.

Dans son communiqué du 9 aout 2015, le BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) a condamné « les pressions exercées sur la ville Paris par Madame Simonnet relayée par les activistes de BDS et AFPS qui ordonnent l’annulation de la journée Tel Aviv Plage, et menacent de troubler l’ordre public ». 

Le BNVCA témoigne de son inquiétude face aux déclarations violentes présentes sur les réseaux sociaux : «  Un an après les manifestations pro-palestiniennes de juillet 2014, qui ont conduit à des exactions anti-juives à Paris et à Sarcelles, contre la synagogue de La roquette, et les quartiers juifs de Garges Sarcelles, le BNVCA craint que ces mouvements subversifs ne provoquent encore des attaques anti-juives dans la capitale. » 

Le BNVCA a déjà saisi le Préfet de Police afin de prendre des mesures préventives à l’approche de l’événement. 

L’association CAPJPO-Europalestine (Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient) appelle à manifester « toute la journée » jeudi « si cet événement obscène n’est pas annulé », évoquant une « scandaleuse propagande » de l' »Etat terroriste » d’Israël sur les quai de Seine aménagés en plage.

AFP a contribué à la rédaction de cet article