Les Inrocks rapporte le témoignage du premier policier à être entré dans l’Hyper Cacher, le 9 janvier 2015, porte de Vincennes.

Dès l’arrivée sur les lieux, les policiers du RAID comprennent que les conditions sont complexes. Les informations évoluent constamment. Il est alors difficile de savoir ce qui se passe précisément à l’intérieur du magasin.

Lorsque le volet électrique de l’Hyper Cacher se lève, l’assaut est lancé, à partir de ce moment, la concentration de l’équipe de police est à son paroxysme.

Un policier entre alors seul dans le magasin d’alimentation, il est à découvert et pris au milieu des tirs. D’un côté les policiers, de l’autre, le terroriste.

C’est ce policier, Antoine qui témoigne devant les caméras de France 2 pour le journal de 20H.

La journaliste de France 2 lui demande si avant de se lancer dans le magasin, il craint de mourir, il raconte qu’il se « concentre sur l’action et se pose le moins de questions possibles ».

Dans ce témoignage, Antoine explique la stratégie des policiers pour se préparer avant l’intervention.

L’état d’esprit du policier est celui d’un combattant. « C’est lui ou vous, » confie Antoine. Il n’y a pas de temps pour la réflexion mais seulement pour l’action.

Antoine entre dans le supermarché, croise le regard du terroriste qui ouvre le feu directement sur le policier. C’est ainsi qu’il comprend et mesure la détermination d’Amedy Coulibaly.

Il fait « action de feu » en gardant en tête les otages qui sont assis ou allongés sur le sol du magasin. Il essaye de neutraliser le terroriste, reçoit un projectile, se relève, rencontre un problème avec son arme.

Les policiers du RAID, qui sont à l’entrée du magasin font également feu sur Amedy Coulibaly. Le Raid et le terroriste échangent deux cents tirs en moins d’une minutes. Les policiers postés à l’extérieur finissent par atteindre le terroriste.

Il est neutralisé les armes à la main alors qu’il se précipite sur les policiers.

Antoine explique que les policiers du RAID suivent un entraînement physique intense.

Modeste, Antoine confie qu' »il ne souhaite pas en tirer une gloire ». Mais reconnais, à demi-mot, que c’est une fierté de pouvoir libérer des otages.