Le ministère jordanien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Amman pour protester contre les critiques d’un responsable iranien après une interview récente du roi de Jordanie Abdallah II à un quotidien américain.

Lors de sa visite à Washington la semaine dernière, le roi de Jordanie, grand allié des Etats-Unis au Moyen-Orient, a accordé une interview au Washington Post dans laquelle il revient sur plusieurs dossiers brûlants de la région, dont le processus de paix israélo-palestinien, la guerre en Syrie ou la place de l’Iran.

« Il y a certains problèmes dans la région dans lesquels l’Iran est impliqué », a affirmé le roi Abdallah, alors que l’arrivée au pouvoir de Donald Trump a été suivie d’un durcissement des relations entre Washington et Téhéran.

« Il y a une tentative d’établir un lien géographique entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Hezbollah libanais », a poursuivi le roi, interrogé sur la menace d’une domination iranienne en Syrie après la défaite des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) à Raqa.

En réponse, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Bahram Ghassemi a qualifié dimanche les propos du roi de Jordanie de « ridicules et irréfléchis », selon l’agence Fars.

Selon le responsable iranien, les déclarations du roi montrent « son ignorance et sa vision superficielle des développements dans la région ».

En guise de protestation, l’ambassadeur iranien a été convoqué dimanche soir, selon le ministère jordanien des Affaires étrangères.

Les déclarations de M. Ghassemi sont « une tentative avortée de déformer le rôle central joué par le royaume pour préserver la sécurité et la stabilité dans la région, et lutter contre le terrorisme », selon le communiqué du ministère.

La Jordanie est membre de la coalition internationale antijihadistes qui bombarde l’EI en Syrie et en Irak depuis 2014.

L’Iran, grand allié régional du régime de Bachar al-Assad, se bat dans le conflit syrien qui a fait plus de 320.000 morts depuis 2011.