Encore récemment, Ehud Olmert rêvait d’un retour sur la scène politique par la grande porte.

Et plusieurs sondages d’opinion abondaient en son sens, et lui donnait une chance réaliste de récupérer le fauteuil de son ancien collègue du Likud, Benjamin Netanyahu.

Il avait été acquitté dans les affaires Talansky et Rishon Tours mais le ministère public a fait appel. Il est également empêtré jusqu’au cou et accusé de corruption dans le scandale immobilier Holyland. Et pourtant, malgré ces faits d’armes peu glorieux, de nombreux analystes ne voyaient aucun obstacle juridique absolu au retour d’Olmert en politique.

Pendant les mois qui ont précédé les élections de janvier 2013, Olmert a fait miroiter au public la possibilité qu’il chercherait à récupérer le fauteuil auquel il avait renoncé, quand les nuages ont commencé à s’amonceler au-dessus de son nid, cinq années auparavant.

En fin de compte, Olmert a choisi de renoncer aux élections de l’année dernière. Mais jusqu’à lundi, il continuait de chérir l’idée que sa carrière politique pourrait encore être ressuscitée.

Suite à l’énoncé du verdict qui le reconnait coupable de corruption passive dans l’affaire Holyland, les avocats et conseillers d’Olmert ont affirmé qu’ils examineraient attentivement les conclusions du juge avant de décider des prochaines étapes.

D’autres ont également déclaré que le dernier mot n’avait pas encore été dit dans cette affaire – un scandale honteux, sordide et sans précédent impliquant un Premier ministre israélien.

Olmert et son équipe ont sans doute matière à discussion. Mais ses années de bataille contre les instances judiciaires et son comportement affiché tout au long de ce combat, ont forgé à Ehud Olmert l’image d’un battant, d’un homme difficilement perturbable.

Or, quand bien même l’ancien premier ministre a choisi d’intérioriser et de se remettre à l’implacable verdict du juge David Rozen, il a tout de même signé son arrêt de mort politique. Aucun retour sur la scène politique n’est envisageable après cette claque infligée par le tribunal du district de Tel Aviv.

Olmert peut toutefois choisir de poursuivre la bataille juridique afin de tenter d’éviter la peine d’emprisonnement escomptée. Mais il ne pourra plus agir au nom des autres, au nom d’Israël. Ce combat la est bel et bien révolu.

C’est une fin de carrière désastreuse pour l’homme qui a dirigé par le passé la capitale juive biblique, ce même homme qui a ensuite offert de diviser Jérusalem pour arracher un traité de paix.

C’est aussi le symptôme manifeste de la corruption endémique qui gangrène les plus hautes sphères du pouvoir israélien.
Mais le verdict de Rozen pourrait également marquer la fin de ces pratiques déshonorantes au sein du leadership.

L’ombre du soupçon plane également sur d’autres importantes personnalités publiques israéliennes. Mais le verdict prononcé lundi a démontré que les tribunaux israéliens sont capables de condamner ceux qui bafouent les règles de droit élémentaires.