La société Teva Pharmaceutical Industries, Ltd. a nommé lundi Kåre Schultz au poste de président et chef de la direction de l’entreprise, chargé de mettre en place la stratégie de l’entreprise israélienne, de la cession des actifs, de réduire ses dettes et de rétablir la confiance des investisseurs.

Les actions de Teva ont pris 7 % à 11 heures 01, à Tel Aviv après la publication de cette information.

Schultz, 56 ans, a près de 30 ans de carrière dans les entreprises pharmaceutiques et de soins de santé mondiaux et a récemment été président et PDG de H. Lundbeck A/S au Danemark, où il a dirigé des initiatives de restructuration et a lancé une stratégie de redressement.

Avant son rôle chez H. Lundbeck, Shultz a été directeur général des opérations de Novo Nordisk, où il a participé à la construction de l’entreprise, pour en faire l’un des fabricants de médicaments les plus performants au monde et a mis en œuvre une approche axée sur la métrique pour les opérations de la société, a déclaré Teva dans un communiqué.

Schultz va emménager en Israël, où il travaillera au siège de la société, à Petah Tikva. Il succèdera à Yizhak Peterburg, qui continuera à occuper le poste de directeur général intérimaire jusqu’à ce que Schultz se joigne à l’entreprise. Teva a également déclaré que Schultz prendra les rênes de l’entreprise dès que possible.

Kåre Schultz de Teva. (Autorisation)

Kåre Schultz de Teva. (Autorisation)

« L’expérience en pharmaceutique à l’international, la solide expérience dans l’exécution de stratégies de redressement d’entreprises, la croissance et l’expansion internationale à faible coût et la promulgation des promesses aux actionnaires, ainsi qu’un engagement envers une culture du respect, font de Kåre dirigeant idéal, qui saura hisser Teva au niveau supérieur », a déclaré Sol Barer, président du conseil d’administration de Teva.

« Kåre a une vision approfondie de l’industrie pharmaceutique mondiale et une connaissance approfondie des marchés des médicaments génériques et spécialisés », a-t-il ajouté. « Ses capacités stratégiques, financières et opérationnelles et son engagement fort envers la croissance seront valorisantes pour tous les actionnaires, placent Teva sur la route d’un succès à long terme ».

Son engagement discipliné envers l’excellence « fait de lui un candidat apte à notre compagnie, sur le plan professionnel et culturel », a déclaré Barer.

Teva est à la recherche d’un nouveau PDG depuis que Erez Vigodman a déclaré en février qu’il se retirerait, trois ans après avoir pris le poste dans le but de redresser la fortune du fabricant de médicaments. Peterburg a été nommé président et chef de la direction intérimaire et a été à la barre de l’entreprise depuis.

Jusqu’à récemment, l’entreprise israélienne était une source de fierté nationale et un ensemble de plans d’investissement locaux. Mais elle a été confrontée à une série de faux pas, notamment l’acquisition de la société pharmaceutique Actavis Generics pour 40 milliards de dollars, une incapacité à repousser la concurrence pour ses médicaments brevetés réputés pour la sclérose en plaques et l’incapacité de trouver une autre source de revenus à Copaxone, dont les brevets arrivent à expiration.

Le premier dirigeant non-israélien de Teva, Jeremy Levine, originaire d’Afrique du Sud, a travaillé moins de deux ans avant de se retirer, a déclaré Teva, apparemment en raison de désaccords avec le conseil concernant les mesures de réduction des coûts.

L’une des premières et principales missions du PDG sera de superviser et mettre en œuvre la fusion de Teva avec Actavis, un accord qui devrait engendrer environ 1,4 milliard de dollars de synergies et d’économies d’impôts d’ici fin 2019, a déclaré Teva.

« Ce qui m’a attiré vers Teva, et ce qui rend Teva différente de ses pairs, c’est son engagement unique à accroître sa vaste portée mondiale tout en continuant à offrir des traitements innovants et de qualité aux patients et sa culture innovante pour ses employés », a déclaré Schultz dans un communiqué.

« Je suis fier de rejoindre une entreprise qui aide quotidiennement des millions de patients dans le monde entier avec son large éventail de médicaments génériques et spécialisés. Je suis impatient de travailler en étroite collaboration avec toute l’équipe de Teva afin de construire un avenir empli de succès pour la société et ses actionnaires. »

Depuis que Schultz a pris son poste à H. Lundbeck en 2015, les parts de l’entreprise ont bondi de 218 %. Les actions de H. Lundbeck ont chuté d’environ 13 %, la chute la plus importante en un an, à 9h45 à Copenhague lundi, selon les données de Bloomberg. Les actions de la société ont progressé de 42 % au cours des 12 derniers mois.

La dette du fabricant de médicament israélien s’élève à plus de 30 milliards de dollars, soit deux fois la valeur actuelle de l’entreprise. Peterburg a mis les actifs à la vente et a annoncé la fermeture des usines et quelques 7 000 licenciements, pour réduire les coûts.

« Nous respectons les engagements que nous avons pris au cours des derniers mois », a déclaré Peterburg dans un communiqué lundi. « Nous optimisons nos opérations et notre empreinte géographique tout en concentrant nos ressources sur les actifs de pipelines spécialisés et génériques qui offrent le rendement d’investissement le plus intéressant. En outre, nous allons atteindre notre objectif, à savoir, générer au moins 2 milliards de dollars de la vente d’actifs non essentiels, que nous utiliserons pour renforcer le bilan de Teva. C’est un privilège de diriger Teva et je suis impatient de continuer à le faire avec Kåre pour assurer une transition sans heurts une fois qu’il nous rejoindra. »

Les actions de Teva Tel Aviv ont baissé de 68 % au cours des 12 derniers mois.

Dans un communiqué à la bourse de Tel Aviv, Teva a déclaré que le contrat de travail de Schultz a été signé pour une durée initiale de cinq ans, sous réserve d’un renouvellement automatique pour les périodes d’un an. Dans le cadre de ce contrat de travail, Schultz recevra un salaire de base annuel de 2 millions de dollars, une prime de rendement annuel correspondant à 140 % de son salaire annuel de base, une attribution incitative d’actions et autres avantages. Il recevra également une prime de bienvenue de 20 millions de dollars, des actions et des options.

« Cette information sera positive à court terme pour la bourse car la plupart des institutions israéliennes sont insuffisantes, alors elles achèteront les actions », a déclaré Saar Golan, un trader à la Banque de Jérusalem. Le nouveau PDG « fait face à de nombreux défis à moyen et à long terme, notamment la dette massive, les désinvestissements et la mise en place d’une nouvelle stratégie pour l’entreprise ».