JTA – La résidence d’été du président américain Theodore Roosevelt était décorée avec des défenses d’éléphants d’Afrique, l’empreinte d’un hippopotame, et d’autres souvenirs de chasse. Ce n’est pas très surprenant, puisque le 26e président des Etats-Unis a publié trois livres sur la chasse.

Mais l’historien amateur moyen pourrait être surpris d’apprendre que Roosevelt, d’origine hollandaise non juive, gardait aussi deux ménorahs à Sagamore Hill, sa propriété de 38,5 hectares située sur la côte nord de Long Island, dans l’état de New York.

La « Maison Blanche d’été » de Roosevelt, son surnom pendant ses années présidentielles, a rouvert ses portes aux visiteurs l’année dernière après trois ans de rénovation, pour un coût total de 10 millions de dollars. La maison victorienne, qui compte 23 pièces, est toujours meublée comme elle l’était quand elle était occupée par Roosevelt.

Comme l’a décrit dans un blog publié ce mois-ci Alanna Sobel, directrice de la communication de la Fondation des parcs nationaux, l’une des pièces les plus remarquables de la maison est la Salle Nord. Elle mesure neuf mètres sur 12, et a été ajoutée à la maison en 1905 pour accueillir des invités et des fêtes.

On trouve dans cette salle des livres, des têtes d’animaux empaillés, et deux ménorah en or.

Selon Sobel, Mme Leavitt, probablement Sarah Bancroft Leavitt, a donné ces ménorahs à Roosevelt. Le président parlait d’elle très amicalement dans de nombreuses lettres. Roosevelt a probablement apprécié le geste de Leavitt, puisqu’à un moment il a gardé les ménorahs dans la bibliothèque située à l’avant de la pièce.

A portrait of Theodore Roosevelt by John Singer Sargent from 1903. (photo credit: The White House Historical Association, Wikimedia commons)

Un portrait de Theodore Roosevelt par John Singer Sargent, datant de 1903. (Crédit : The White House Historical Association, Wikimedia commons)

Étrangement, alors que Sobel raconte que Leavitt provenait d’une lignée de « théologiens, d’abolitionnistes et de pasteurs congrégationalistes », qui étaient « connus pour s’intéresser profondément à la religion et à la théologie », elle n’était pas juive.

De plus, les ménorahs données à Roosevelt ont sept branches, contrairement aux hanoukkias, le candélabre utilisé pour la fête de Hanoukka, qui en compte neuf (huit pour le nombre de jours de la fête, plus le shamash pour allumer les autres). Les candélabres à sept branches sont toujours des symboles juifs, et étaient utilisés dans le Temple de Jérusalem.

Roosevelt avait néanmoins une relation étroite avec la communauté juive de son époque. Il était membre du conseil de direction supervisant les forces de police de la ville de New York au tournant du 19e siècle.

Il a raconté dans son autobiographie avoir une fois assigné des policiers juifs à la supervision du prêche d’un Allemand antisémite afin de se moquer de lui. En 1899, son soutien parmi les républicains juifs de New York était si fort qu’ils ont imprimé des tracts en yiddish pour soutenir sa campagne au poste de gouverneur.