Tillerson : l’ambassade américaine probablement pas transférée à Jérusalem avant 2020
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Tillerson : l’ambassade américaine probablement pas transférée à Jérusalem avant 2020

Le secrétaire d’État note que même trois ans représentent une estimation "assez ambitieuse"

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Relocaliser l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem prendra probablement au moins trois ans, et sans doute plus, a déclaré mardi le secrétaire d’État Rex Tillerson.

« Cela ne va pas se faire immédiatement, » a dit Tillerson dans un discours au Département d’État, selon le New York Times. « Probablement pas avant trois ans, et c’est déjà assez ambitieux ».

Tillerson a affirmé la semaine dernière que le déménagement prévu prendrait sans doute plusieurs années.

« Ça n’arrivera pas cette année ou même l’année prochaine, mais le président veut véritablement que nous bougions, de façon très tangible, très certaine, afin que l’ambassade soit relocalisée à Jérusalem dès que nous serons en mesure de le faire, et le plus tôt possible, » a ajouté Tillerson vendredi.

Tillerson a listé les étapes qu’implique la relocalisation de l’ambassade à Jérusalem : les États-Unis doivent acquérir un site, élaborer les plans, recevoir l’approbation du Congrès pour les dépenses, « et enfin construire l’ambassade ».

Le président américain Donald Trump, mercredi dernier, a signé une dérogation repoussant de six mois la relocalisation, quelques heures après sa reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël.

En 1995, le Congrès américain a adopté une loi nommée le « Jerusalem Embassy Act » – en français « loi sur l’ambassade de Jérusalem »- qui décrète Jérusalem comme capitale d’Israël et y prévoit le déplacement de l’ambassade américaine. Mais une dérogation, prévue par cette loi et permettant au président de différer temporairement la relocalisation en raison de « sécurité nationale », a été régulièrement utilisée par les présidents successifs, de Bill Clinton à George W. Bush et Barack Obama, rendant cette loi inopérante.

Dans un discours prononcé mercredi dernier depuis la Maison Blanche, Trump a bravé les avertissements mondiaux et insisté sur le fait qu’après les échecs successifs pour parvenir à la paix, une nouvelle approche était attendue. Il a expliqué que sa décision de reconnaître Jérusalem comme étant le siège du gouvernement d’Israël n’était que le reflet de la réalité.

Le déménagement a été salué par Netanyahu et par des dirigeants de la plupart du spectre politique israélien. Trump a souligné qu’il ne spécifiait pas les frontières de la souveraineté israélienne de la ville, appelant à ne pas changer le statu quo en vigueur dans le Lieux saints de la ville.

En plus des remarques de Tillerson, le département d’État a déclaré jeudi qu’il ne projetait pas de modifier plusieurs anciennes règles concernant Jérusalem qui ont été soigneusement élaborées pour éviter d’offenser une partie ou l’autre.

Les cartes et documents du gouvernement américain ne seront pas dans l’immédiat modifiés en vertu de la nouvelle politique. En ce qui concerne les passeports américains, qui ne mentionne pas Israël comme pays de naissance pour les personnes nées à Jérusalem, le département d’État fait remarquer que cela restera tel quel, cette politique ayant été confirmée par la Cour Suprême en 2015.

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