Tnuva, géant des produits laitiers, devrait avouer dimanche avoir fixé les prix de ces produits et payer 25 millions de shekels aux consommateurs après une enquête d’un an sur des accusations de pratiques commerciales illégales.

Le conglomérat agro-alimentaire, important fournisseur de produits laitiers et carnés, devrait reconnaître avoir imposé aux chaînes de la grande distribution des prix qu’il avait fixés sur ses produits, afin d’éliminer la concurrence entre 2008 et 2011, ont annoncé samedi plusieurs médias israéliens.

Il aurait également imposé aux chaînes les prix de produits fabriqués par d’autres entreprises, les fixant à un niveau comparable aux prix des siens afin d’éliminer la concurrence, selon les articles publiés sur l’accord conclu entre Tnuva et les consommateurs.

Les 25 millions de shekels devraient être payés aux consommateurs qui ont acheté des produits Tnuva dans les chaînes de supermarchés Mega ou Shufersal le mois dernier, par virement direct sur leurs cartes de crédit, a indiqué le quotidien économique The Marker, citant des sources de l’Autorité israélienne anti-trust. Un million de consommateurs devraient percevoir 25 shekels chacun.

L’accord conclu comprend également des amendes de 75 000 shekels qui devront être payés par deux anciens cadres du géant agroalimentaire.

Manifestation contre Tnuva dans un supermarché Mega de Modiin, en septembre 2011. Illustration. (Crédit : Jorge Novominsky/Flash90)

Manifestation contre Tnuva dans un supermarché Mega de Modiin, en septembre 2011. Illustration. (Crédit : Jorge Novominsky/Flash90)

Le prix du cottage de Tnuva avait été au cœur d’un boycott de l’entreprise en 2011, quand un groupe Facebook avait appelé la population à cesser d’acheter ces produits, qui sont des fondamentaux de l’alimentation israélienne. La protestation avait déclenché d’importantes manifestations sur le coût de la vie en Israël, et permis une baisse du prix de vente au détail.

L’accord, qui devrait être annoncé dimanche, a été décrit comme la décision anti-trust la plus importante contre un industriel agro-alimentaire israélien. Une source interne à l’entreprise a cependant minimisé la décision.

« Il semble que l’énorme affaire Tnuva ne soit pas si grosse après tout. Cinq ans d’enquête de l’Autorité anti-trust se terminent sans une seule mise en examen », a indiqué la source anonyme au Marker.

Une usine Tnuva près de Jérusalem, en mai 2015. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Une usine Tnuva près de Jérusalem, en mai 2015. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’entreprise, fondée il y a 80 ans comme coopérative d’éleveurs laitiers des kibboutz, a pendant longtemps été perçue comme une icône israélienne.

Elle est actuellement détenue par le groupe agro-alimentaire chinois Bright, qui a acheté une part majoritaire en 2014 au prix de 8,6 milliards de shekels. Au moment où les faits incriminés sur la fixation des prix se sont déroulés, elle était possédée par le groupe londonien Apax.

En 2003, Tnuva avait déjà été citée par l’Autorité anti-trust pour avoir fixé des prix sur le marché de la volaille, en forçant des abattoirs à instaurer des quotas. Cette décision avait été vue comme un facteur majeur de l’ouverture du marché de la volaille en Israël.