Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré jeudi pour la deuxième fois cette semaine l’envoyé spécial du président américain pour les négociations internationales, Jason Greenblatt. Leurs nouvelles discussions se sont largement focalisées sur les implantations de Cisjordanie, mais les deux parties ont apparemment échoué à se mettre d’accord.

Netanyahu et Greenblatt ont « progressé sur la question des constructions d’implantations israéliennes suite à l’accord passé entre le président Trump et le Premier ministre à Washington le mois dernier pour travailler sur une approche qui reflète les points de vue des deux dirigeants », a indiqué un communiqué du bureau de Netanyahu après la rencontre qui a duré trois heures.

« Ces discussions continuent entre la Maison Blanche et le bureau du Premier ministre ».

Les entretiens ont exploré des perspectives en vue de la reprise des négociations de paix et du renforcement de l’économie palestinienne.

La Deuxième chaîne a indiqué que Netanyahu avait dit à Greenblatt pendant leur rencontre qu’il n’y aurait aucune possibilité politique de gel des activités d’implantation, car il n’obtiendrait pas l’appui de sa coalition dans cette décision.

Netanyahu et la Maison Blanche de Trump ont tenté de trouver un accord sur les activités israéliennes d’implantation depuis le mois dernier, suite aux discussions entre le Premier ministre israélien et le président américain, qui dans une conférence de presse avait déclaré à Netanyahu qu’il voulait qu’il se « retienne » sur les implantations.

Le problème a été largement abordé lors de la première rencontre entre Greenblatt et Netanyahu lundi, qui a duré au moins cinq heures.

Greenblatt a tweeté après la réunion de jeudi que le verre n’était « pas à moitié vide », mais plutôt que les deux parties « continuent de travailler pour faire des progrès ».

Netanyahu a tenté d’obtenir l’approbation de la Maison Blanche pour la construction d’une nouvelle implantation, la première en 25 ans, pour remplacer l’avant-poste d’illégal d’Amona, qui a été évacué et démoli le mois dernier.

Le mois dernier, il a indiqué aux membres de son cabinet de sécurité que le gouvernement pourrait reculer sur cet engagement, attirant les protestations furieuses des habitants des implantations et de leurs alliés au sein de la coalition.

Avant la réunion avec Grennblatt jeudi, Netanyahu avait expliqué qu’il tiendrait sa promesse faite aux habitants d’Amona pour établir une nouvelle implantation.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 8 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 8 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Dixième chaîne a rapporté que Trump comprenait la nécessité politiques pour Netanyahu de réclamer une nouvelle implantation d’Amona, et suggéré que le Premier ministre n’évoque pas publiquement ce besoin.

Le Premier ministre a également activement tenté d’éviter des frictions sur d’autres fronts relatifs aux implantations, réclamant le report d’un vote de commission à la Knesset concernant un projet de loi pour annexer l’implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie.

La Dixième chaîne a indiqué qu’il revenait à Greenblatt et à l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, de négocier une position coordonnée sur les constructions d’implantations.

Dans la matinée de jeudi, Greenblatt a pris part à une réunion sans précédent avec une délégation de l’organisation cadre des implantations du Conseil de Yesha, dirigé par le maire d’Efrat, Oded Revivi et le chef du conseil régional du Shomron, Yossi Dagan — une rencontre qui, selon la Deuxième chaîne, avait été coordonnée avec Netanyahu.

Avant le voyage de Greenblatt en Israël, Dagan avait déclaré aux ministres du Likud qu’un accord de Netanyahu pour ralentir les constructions dans les implantations, ou pour la geler partiellement, mènerait à une crise politique, a rapporté la Deuxième chaîne, ajoutant que le mouvement des implantations a affirmé que le gel qui avait été imposé par l’administration de l’ancien président américain Barack Obama était une « violation des droits de l’Homme ».

De gauche à droite, Yossi Dagan, Mark Zell et Abe Katsman pendant l'ouverture du bureau des Républicains de l'étranger à Karnei Shomron, en Cisjordanie, le 5 septembre 2016. (Crédit : Andrew Tobin)

De gauche à droite, Yossi Dagan, Mark Zell et Abe Katsman pendant l’ouverture du bureau des Républicains de l’étranger à Karnei Shomron, en Cisjordanie, le 5 septembre 2016. (Crédit : Andrew Tobin)

Un communiqué du Conseil de Yesha suite de la réunion avec Greenblatt a qualifié la rencontre de « fructueuse et positive », et a ajouté que le conseil « est impatient de continuer ce dialogue important ».

La Dixième chaîne a rapporté que les responsables ayant rencontré Greenblatt au cours des derniers jours avaient eu le sentiment que l’administration était déterminée à progresser sur une base régionale, évoquant la possibilité d’organiser une conférence régionale au cours des prochains mois, et que les efforts livrés par la Maison Blanche pour amener Israël à ralentir les implantations entreraient à ce moment-là en jeu.

Netanyahu a expliqué dans la matinée de jeudi qu’Israël était « au cœur d’un processus de dialogue avec la Maison Blanche et que c’est notre intention de réaliser une politique convenue sur la construction des implantations ». Il a noté qu’il était préférable de réaliser de tels protocoles dans un avenir proche plutôt que de s’engager dans des négociations qui traînent en longueur.

« Aux habitants d’Amona, je le dis encore : j’ai pris l’engagement devant vous d’établir une nouvelle communauté et je reste fidèle à cette parole donnée », a expliqué Netanyahu lors de la réunion de son cabinet.

Greenblatt a fait la navette ces derniers jours entre Jérusalem et Ramallah, et a rencontré Netanyahu, le président Reuven Rivlin, le chef de l’opposition Isaac Herzog et le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires, le général de division Yoav Mordechai, ainsi que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Mercredi, Greenblatt a fait un voyage imprévu en Jordanie pour y rencontrer le roi Abdallah II dans son palais d’Amman. Un communiqué conjoint a qualifié cette rencontre de « très positive », indiquant que l’envoyé américain et son homologue jordanien ont « tous deux souligné l’importance de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens et l’effet de transformation qu’elle pourrait avoir sur la région ».

Dans une série de tweets postés jeudi suite aux réunions de la journée, Greenblatt a remercié Netanyahu, Abbas, l’ambassade américaine à Tel Aviv et en Jordanie pour un « voyage extrêmement positif ».

Greenblatt a également remercié le bureau du Premier ministre pour avoir organisé un minynan pendant la soirée de jeudi, et Netanyahu pour avoir prié avec lui « pour que je puisse dire le kaddish pour ma mère ».

Le voyage de Greenblatt fait partie d’une tentative d’ouverture de pourparlers de paix, après des années de stagnation.

Sa visite était la première tentative majeure de la nouvelle administration américaine pour traiter du conflit israélo-palestinien, après deux mois qui ont vu des responsables hésiter sur le soutien à la solution à deux états, le déplacement de l’ambassade américaine et la construction dans les implantations.