Bien qu’Israël soit largement acclamé comme la nation start-up, le bureau du grand rabbinat est à l’évidence lent à adopter la technologie : pendant une audience de la cour du district de Jérusalem dimanche, le bureau des enregistrements des autorités religieuses a déclaré qu’il n’avait commencé à numériser ses fichiers que début octobre 2015.

Deux mois auparavant, pendant une audience du 7 janvier, la juge Nava Ben-Or, de la cour du district de Jérusalem, avait ordonné au bureau des enregistrements de rendre publique la liste des rabbins de diaspora qu’il jugeait acceptable pour attester du judaïsme des immigrants.

Sans reconnaissance du rabbinat, les juifs de l’étranger – particulièrement les convertis ou les enfants de convertis – sont empêchés de se marier religieusement ou d’être enterrés dans un cimetière juif.

Il a été ordonné au rabbinat de produire une liste dans le mois et demi suivant l’audience de janvier, qui a été tenue sur la base d’une pétition portée par Itim, une association qui aide les immigrants à naviguer dans la bureaucratie du rabbinat.

Mais, selon le rabbinat, « il n’y a pas de liste ». Les dossiers ouverts par les immigrants sont acceptés sur la base du cas par cas, sans aucun ensemble de critères établis.

Avant un mariage par exemple, puisqu’il n’y a actuellement pas d’indication de quels rabbins sont considérés comme acceptables, les couples d’immigrants nagent dans les limbes, leur destin étant décidé par le seul employé des enregistrements, le rabbin bureaucrate de rang intermédiaire, Itamar Touboul.

Itamar Touboul, le chef du service du statut personnel au Grand Rabbinat d'Israël, qui décide quels rabbins de diaspora sont qualifiés pour témoigner de la judéité des immigrants en Israël. (Crédit : JTA)

Itamar Touboul, le chef du service du statut personnel au Grand Rabbinat d’Israël, qui décide quels rabbins de diaspora sont qualifiés pour témoigner de la judéité des immigrants en Israël. (Crédit : JTA)

Pendant l’audience de dimanche, l’avocat représentant le grand rabbinat, Rachel Wozner, a déclaré que l’institution comptait établir une liste de rabbins. Cependant, le rabbinat va d’abord établir une liste de critères, puis une liste de rabbin qui ont été de fait reconnus.

Mais puisque le bureau n’a été numérisé qu’en octobre 2015, il n’y a des informations disponibles pour la liste de rabbins qui ont été acceptés comme arbitres de judéité que depuis six mois.

Wozner a déclaré à l’audience de dimanche que la liste n’était pas complète, et même si un rabbin apparaît sur la liste, le rabbinat ne s’engage pas à continuer à reconnaître le dit rabbin pour de futurs dossiers.

‘Nous parlons de vie et de mort’

Pendant l’audience de dimanche, la juge Ben-Or a déclaré que « dans un domaine si sensible et si difficile, le public a le droit de savoir quand une telle liste sera faite… C’est un hillul HaChem [profanation du nom de Dieu]. »

« Nous parlons de vie et de mort… Nous ne parlons pas simplement d’améliorer le servie public – nous parlons de quelque chose de fondamental, d’essentiel, » a déclaré Ben-Or.

Elle n’a cependant pas encore rendu publique sa décision, qui établira jusqu’où le grand rabbinat doit aller pour produire une liste de rabbins dont les paroles ont été acceptées dans des affaires impliquant une question d’identité juive.

Pour le rabbin Seth Farber, directeur de l’association Itim, la liste représente un tremplin pour construire des critères plus complets pour ces rabbins de diaspora acceptables pour le grand rabbinat.

Le rabbin Seth Farber, fondateur d'ITIM. (Crédit : autorisation)

Le rabbin Seth Farber, fondateur d’ITIM. (Crédit : autorisation)

Farber a déclaré au Times of Israel qu’il pense que seuls les rabbins orthodoxes seront sur la liste, « et même un certain type de rabbins orthodoxes ».

En attendant la décision de la juge, Farber est prudemment optimiste.

« Je suis ravi que la juge reconnaisse la gravité de la situation et son implication pour la communauté juive mondiale, » a déclaré Farber. Une liste de rabbins acceptables « créera, avec un peu de chance, un précédent, le rabbinat ne peut pas continuer comme si de rien n’était et ils ne peuvent pas continuer à priver de droits la majorité du peuple juif. »