Des élus tunisiens ont déposé des motions de censure contre deux ministres, dont celle du Tourisme, en les accusant de « normaliser » les relations avec Israël pour avoir autorisé l’entrée de touristes israéliens en Tunisie, a appris lundi l’AFP.

L’affaire agite le milieu politique tunisien depuis quelques semaines et a donné lieu à des débats passionnés dans les médias.

Les textes réclamant le retrait de confiance à la ministre du Tourisme Amel Karboul et au ministre délégué à la Sécurité auprès du ministre de l’Intérieur Ridha Sfar ont respectivement réuni 81 et 80 signatures de députés sur 217, a indiqué lundi à l’AFP Karima Souid, assesseur chargée de l’information à l’assemblée nationale constituante (ANC).

Une séance plénière à la Constituante doit se tenir d’ici le 9 mai, conformément au règlement intérieur, pour débattre de ces motions.

Les élus signataires des textes affirment que Ridha Sfar a récemment décidé de permettre à « un groupe de ressortissants israéliens d’entrer sur le territoire tunisien » et qu’Amel Karboul les a accueillis.

Il s’agit d' »une forme de normalisation avec l’entité sioniste », ont-ils dénoncé.

Contactés par l’AFP, les ministères du Tourisme et de l’Intérieur n’avaient pas encore réagi à la motion de censure et n’étaient pas en mesure de confirmer la décision de M. Sfar ou l’accueil des touristes par Mme Karboul.

Le Premier ministre Mehdi Jomaa a récemment appelé à éviter les controverses sur la normalisation des relations avec Israël à l’approche du pèlerinage juif de la Ghriba, à Djerba (sud), en parlant de « faux débat ».

« Tous les pèlerins juifs sont les bienvenus à la Ghriba », a-t-il dit dans un entretien à l’AFP.

Des élus ont de leur côté dit que les pèlerins juifs étaient les bienvenus en Tunisie mais que ceux voulant entrer avec un passeport israélien ne devaient pas y être autorisés.

Lors de sa nomination, la ministre du Tourisme avait déjà dû faire face à de vives critiques de députés parce qu’elle s’était rendue par le passé en Israël pour des raisons professionnelles.

La Tunisie n’entretient pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu. Tunis a aussi accueilli de 1982 à 1994 le quartier général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).