Un neuroscientifique juif américain qui a remporté la semaine dernière le Prix Nobel de médecine a déclaré que les sociétés occidentales souffrent de manière permanente de manque de sommeil.

« Cela fait longtemps que ce réel problème de santé publique a été négligé », a dit au Guardian Michael Rosbash, de l’université Brandeis, quelques jours après avoir reçu le Nobel avec deux autres Américains pour leurs travaux sur les gènes contrôlant le rythme circadien, l’ « horloge biologique ».

« Toutes les sociétés occidentales manquent légèrement de sommeil, et quand je dis un peu, je veux dire de manière chronique. »

Les chercheurs pensent que la vie moderne, où la lumière électrique est omniprésente, a des effets profonds sur notre corps. L’éclairage artificiel, le travail de nuit et les voyages fréquents entraînant un décalage horaire, perturbent la programmation de nos systèmes.

Une drosophile (Drosophila melanogaster), petite mouche utilisée dans de nombreux domaines de la recherche. Illustration. (Crédit : André Karwath /CC BY-SA 2.5/WikiCommons)

Une drosophile (Drosophila melanogaster), petite mouche utilisée dans de nombreux domaines de la recherche. Illustration. (Crédit : André Karwath /CC BY-SA 2.5/WikiCommons)

Rosbash, 74 ans, a, avec Jeffrey Hall de l’université du Maine et Michael Young de l’université Rockefeller de New York, utilisé des drosophiles, de petites mouches, pour isoler un gène qui contrôle le rythme quotidien des organismes vivants. L’horloge biologique interne régule des fonctions comme le sommeil, le comportement, les concentrations hormonales et la température corporelle.

« Quasiment tout dans notre corps, de la sécrétion hormonale à la préparation des enzymes digestives dans l’intestin, en passant par les variations de la pression sanguine, est largement influencé par la connaissance de l’heure du jour à laquelle ces choses sont nécessaires », a expliqué au journal Clifford Saper, professeur de neurosciences de l’école de médecine de Harvard.

Les scientifiques pensent que les perturbations de cette horloge interne seraient des contributeurs majeurs au développement de maladies comme le diabète, les pathologies cardiovasculaires, la démence et le cancer.

Rosbash est arrivé à Brandeis en 1974 et est le titulaire de la chaire de neurosciences Peter Gruber Endowed, ainsi que professeur de biologie de l’université juive non religieuse.

Ses parents ont fui l’Allemagne en 1938. Son père était le chantre de la synagogue Ohabei Shalom, synagogue réformée de Brookline, dans le Massachusetts, non loin du campus de Brandeis.

JTA a contribué à cet article.