Benjamin Netanyahu a permis le transfert de 70 millions de shekels [près de 15 millions d’euros] au ministère de la Défense la semaine dernière pour couvrir les coûts liés au retrait d’une base de l’armée en Cisjordanie, ce qui permettrait de nouvelles constructions, a rapporté dimanche soir la Dixième chaîne.

Les fonds ont été canalisés en coordination avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon afin d’assurer le déménagement de la base, ce qui permettrait l’expansion de l’implantation de Beit El.

Il y a deux ans, Netanyahu avait promis 300 nouvelles unités aux habitants de Beit El en compensation de l’évacuation de l’avant-poste d’Ulpana, adjacent à l’implantation. Cependant, la base militaire est située sur la seule terre de l’État encore disponible dans le voisinage immédiat de Beit El.

Le coût du déménagement de la base s’élève à 70 millions de shekels, affirme la chaîne de télévision. Netanyahu a approuvé le transfert d’argent pour faire avancer le projet, transfert auparavant bloqué par l’ancien ministre des Finances Yaïr Lapid.

Cependant, depuis que Lapid a été congédié par Netanyahu fin novembre, le Premier ministre – poussé entre autres par le ministre du Logement Uri Ariel – a déplacé le projet, et la semaine dernière les fonds ont finalement été alloués au ministère de la Défense à cet effet.

Dans un communiqué publié dimanche, le parti Yesh Atid a accusé Netanyahu de faire avancer la construction d’implantations, tout en ignorant la crise du logement qui touche le pays.

« Il transfère 70 millions de shekels à Beit El et construit dans les colonies au lieu de résoudre la crise du logement pour les jeunes couples d’Israël. Netanyahu préfère, comme toujours, ses propres intérêts politiques en lieu et place de l’intérêt public », a encore fait savoir le parti.

Yesh Atid accuse Netanyahu d’ « utiliser cyniquement l’argent des impôts de la classe moyenne d’Israël pour faire avancer des objectifs politiques » et soutient que Yesh Atid est « la seule ligne de défense contre les groupes d’extrême droite qui exercent des pressions » sur le Premier ministre.

« En ce moment, tout notre argent va paver des routes qui mènent vers nulle part, et dans des investissements qui vont au mauvais endroit », a critiqué le parti dirigé par Lapid.

Uri Ariel a défendu la décision dimanche soir, en faisant valoir que le gouvernement agissait uniquement sur son engagement antérieur au règlement.

« C’est une décision digne », a déclaré Ariel, cité par la Dixième chaîne. « C’est un engagement du gouvernement d’il y a deux ans, suite à la destruction du quartier de Givat Ulpana, et il était temps que cet argent y soit investi. Mieux vaut tard que jamais. »