Quelques heures après avoir reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël mercredi, et après avoir annoncé qu’il avait demandé au Département d’Etat de préparer le déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, le président américain Donald Trump a signé une dérogation afin de reporter le transfert de six mois.

En 1995, le Congrès des États-Unis a adopté loi sur l’ambassade de Jérusalem reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël et déclarant que l’ambassade des États-Unis devrait y être déplacée.

Mais une renonciation intégrée à la loi, qui permet au président de reporter temporairement le transfert pour des raisons de « sécurité nationale », a été invoquée à plusieurs reprises par les présidents américains successifs, de Bill Clinton à George W. Bush en passant pas Barack Obama, ce qui signifie que la loi n’a jamais pris effet.

Trump, dans son discours mercredi, a déclaré : « après plus de deux décennies de dérogations, nous ne sommes pas plus proches d’un accord de paix durable entre Israël et les Palestiniens. Ce serait de la folie de supposer que répéter exactement la même formule produirait maintenant un résultat différent ou meilleur. » (En paraphrasant un peu Albert Einstein)

Le texte de la renonciation signée par le président américain Donald Trump, qui retarde le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 6 décembre 2017 (Crédit : Maison Blanche)

On s’attendait à ce que Trump renonce à sa promesse de campagne et signe à contrecoeur la dérogation, après avoir retardé de plusieurs jours sa décision.

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a déclaré que le travail pour préparer le déménagement de l’ambassade commencerait immédiatement. Cependant, le déménagement pourrait prendre des années.

« Conformément à la Loi sur l’ambassade de Jérusalem, je charge également le Département d’Etat de commencer à préparer le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem », a déclaré Trump dans son discours. « Cela signifie que va immédiatement commencer le processus d’embauche d’architectes, d’ingénieurs et de planificateurs, de sorte qu’une nouvelle ambassade, une fois achevée, sera un magnifique hommage à la paix », a-t-il ajouté, laissant entendre que le processus serait long.

Le discours de Trump a suscité des éloges en Israël mais a également provoqué un tollé international presque universel, alors que les alliés et les ennemis ont tous deux dénoncé sa décision et ont exprimé leurs inquiétudes sur l’éventualité de nouveaux effusions de sang au Moyen-Orient.

L’AFP a contribué à cet article.