Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier s’est dit jeudi « perplexe » face aux déclarations de Donald Trump affirmant être victime de méthodes de dénonciation dignes de l’Allemagne nazie.

Le président élu américain s’en est pris mercredi lors d’une conférence de presse aux services de renseignement et à la presse pour dénoncer de « fausses informations » sur d’éventuels liens secrets avec Moscou.

« C’est scandaleux, scandaleux, que les agences de renseignement aient permis (la publication) d’une information qui s’est révélée être erronée et fausse », a-t-il dit, « c’est le genre de choses que l’Allemagne nazie faisait ».

Le chef de la diplomatie allemande, en marge d’une rencontre avec son homologue égyptien Sameh Choukri, a répondu à une question « être aussi perplexe (que les journalistes) et ne pas être en mesure « d’interpréter ces déclarations ».

Il a aussi regretté ne toujours pas être en mesure de percevoir les grandes lignes de la future politique étrangère des Etats-Unis, disant n’avoir « entendu que des mots-clés comme ordre mondial, ordre économique, libre-échange, Syriens et Proche-Orient »

« Chaque président doit trouver son propre style et c’est ce que va aussi faire le président Trump, je ne pense pas qu’à long terme il se contentera de messages Twitter, moi je serais bien incapable d’exprimer des concepts de politique étrangères en 140 signes », a ajouté M. Steinmeier, en référence au goût très prononcé de M. Trump pour le réseau social où il est suivi par 19,6 millions de personnes.

Frank-Walter Steinmeier est devenu ces derniers mois l’un des détracteurs les plus virulents de Donald Trump, qu’il avait qualifié avant son élection de « prédicateur de haine » et sa victoire de perspective d’ « effrayante » pour le monde.

M. Steinmeier, 60 ans, a été désigné pour être à partir de février le prochain président de la République fédérale allemande, une fonction honorifique mais qui assure une grande liberté de parole.