L’Arabie saoudite est « optimiste » quant à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et « a hâte de travailler » avec sa nouvelle administration, a assuré lundi le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir.

« Lorsque nous voyons les grandes lignes énoncées par la nouvelle administration américaine », il est clair « que nos intérêts concordent », a affirmé le chef de la diplomatie saoudienne lors d’une rencontre à Paris avec un groupe de journalistes, dont l’AFP.

Il a affirmé que le royaume pétrolier se félicitait de l’intention affichée de l’administration Trump « de restaurer le rôle de l’Amérique dans le monde, de vouloir vaincre le groupe Etat islamique, de vouloir contenir l’Iran et l’empêcher de faire du mal par ses politiques négatives dans la région, d’œuvrer avec les alliés [des Etats-Unis] et de les soutenir. »

« Nous sommes optimistes quant à la nouvelle administration et nous avons hâte de travailler avec elle dans les domaines d’intérêt mutuel », a encore ajouté le ministre, évoquant « les liens profonds » qui unissent les deux pays « depuis la Seconde Guerre mondiale » dans les domaines politique, économique, militaire ou financier.

« Nos intérêts concordent, qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Iran, de l’Irak, du Yémen, de la Libye, du terrorisme, des questions énergétiques ou financières, a-t-il encore dit. Nous avons les mêmes objectifs, même si nous pouvons ne pas être d’accord sur les moyens d’y parvenir. »

Interrogé sur les menaces du président américain élu pendant sa campagne, qu’il a depuis tempérées, de « déchirer » l’accord nucléaire signé par Téhéran et les grandes puissances, le ministre saoudien a répondu que « beaucoup de pays sont inquiets que l’Iran puisse utiliser cet accord pour obtenir des fonds qu’il emploiera pour soutenir le terrorisme ».

« L’Iran doit être tenu pour responsable et respecter l’accord », a encore dit le ministre, accusant Téhéran, dont les relations avec Ryad sont toujours « tendues » selon lui, de « s’ingérer dans les affaires intérieures » des pays arabes et de vouloir « exporter sa révolution ».

Par ailleurs, le ministre saoudien dont le pays est l’un des principaux soutiens de la rébellion syrienne, a assuré que la Turquie n’avait pas changé sa position depuis son rapprochement avec Moscou.

« La Turquie œuvre avec l’opposition syrienne modérée en vue d’aboutir à une cessation des hostilités », a-t-il expliqué, en référence aux négociations prévues le 23 janvier à Astana, capitale du Kazakhstan.

« Le fait que les Turcs parlent aux Russes ne nous inquiète pas, nous parlons aux Russes et je ne vois pas de changement dans la position turque », a-t-il dit.

Il a expliqué que son pays n’avait pas été convié aux négociations d’Astana « car il s’agit de réunions entre les groupes armés syriens et le régime au niveau d’experts », qui seront suivies par des négociations politiques début février à Genève.

Le chef de la diplomatie saoudienne a par ailleurs assuré que le royaume n’avait « pas abandonné » les rebelles syriens, durement éprouvés par la chute d’Alep, mais dit qu’il n’y avait pas « d’aide directe saoudienne aux rebelles modérés ».

« L’aide provient d’un groupe de dix pays, dont l’Arabie saoudite, dirigé par les Etats-Unis et qui coordonne la distribution de l’aide aux groupes syriens », a-t-il indiqué, ajoutant qu’à sa connaissance, cette aide se poursuivait.