Le président américain Donald Trump, qui est attendu en Israël la semaine prochaine, n’a pas écarté l’idée d’inviter le Premier ministre Benjamin Netanyahu à se joindre à lui pour sa visite au mur Occidental à Jérusalem.

« Nous n’avons pas encore pris de décision finale quant à la visite du mur Occidental », a déclaré Trump au journal Israel Hayom, dans une interview de jeudi. « Nous avons un profond respect pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et la décision de se faire accompagner par le rabbin [du mur Occidental] a été prise parce que c’est la coutume. Tout peut encore changer. »

Trump a également confié au quotidien qu’il « pense honnêtement » qu’il pourra négocier un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, mais est resté très évasif sur la question de la relocalisation de l’ambassade américaine vers Jérusalem.

Jeudi, la Maison Blanche a annoncé qu’aucun membre du gouvernement israélien n’accompagnera Trump sur le lieu de culte jeudi prochain.

« Aucun dignitaire israélien n’accompagnera le président Trump au mur Occidental », a déclaré le conseiller à la Sécurité nationale H.R. McMaster aux journalistes lors du point presse, où il a dessiné les grandes lignes de voyage de Trump au Moyen Orient et en Europe.

Le mur Occidental, vestige du Second Temple, est le lieu de prière le proche du site du Temple lui-même, ce qui fait de cette esplanade le lieu de prière le plus saint du judaïsme. Elle a été capturée avec le reste de la Vieille Ville et de Jérusalem Est durant la Guerre des Six Jours en 1967, annexée par Israël comme partie intégrante de sa capitale réunifiée. Cette annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale.

David Friedman, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, embrasse le mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

David Friedman, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, embrasse le mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le lieu saint a été au centre de tensions diplomatiques entre les États-Unis et Israël durant cette semaine, quand un diplomate américain a déclaré à des responsables israéliens que le mur Occidental ne faisait pas partie d’Israël et n’était pas sous sa responsabilité.

Selon la Deuxième chaîne, les tensions ont éclaté quand l’équipe israélienne qui travaille à la préparation du voyage de Trump, a demandé à son homologue américain si Netanyahu pourrait accompagner Trump au mur Occidental, une escale clef prévue durant son séjour du 22 et 23 mai. Aucun président américain en fonction ne s’est rendu au mur Occidental, parce que la politique américaine estime que le statut final de Jérusalem doit être résolu au cours de pourparlers israélo-palestiniens.

Les responsables américains auraient donc rejeté la demande de Netanyahu à se joindre à la visite, indiquant qu’il s’agira d’une « visite privée », et qu’il ira seul. Les Israéliens ont alors demandé si l’équipe de télévision qui assurera une couverture médiatique en direct des faits et gestes de Trump pourra le filmer sur place.

Selon la Deuxième chaîne, un haut-responsable américain, identifié comme étant David Berns, conseiller politique au consulat américain de Jérusalem, a répondu brusquement : « De quoi parlez-vous ? Ça ne vous regarde pas. Ça n’est pas sous votre responsabilité, ce n’est pas votre territoire. Cela fait partie de la Cisjordanie. »

Ces propos ont suscité des protestations vives de la part des Israéliens, et la discussion a pris la tournure d’un vif débat. Les Israéliens ont rappelé à l’équipe américaine que le mur Occidental et la zone adjacente est « un territoire saint pour Israël ».

Après la publication des propos de Berns lundi soir, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait exprimé sa surprise et demandé des clarifications de la Maison Blanche, tout en affirmant qu’il pensait que ces déclarations ne représentaient pas l’opinion de Trump.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, à Washington, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, à Washington, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Peu après, la Maison Blanche avait dit au Times of Israel que « les propos sur le mur Occidental n’étaient pas autorisés et ne représentent pas la position des Etats-Unis, et certainement pas celle du président. »

Dans le Bureau Ovale, lors de l’interview accordée à Israel Hayom, Trump a réaffirmé q qu’il pensait être en mesure de parvenir à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens ».

« Je pense que nous avons l’opportunité de parvenir à un accord [entre Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas], a déclaré le président. « Je travaille dur pour que les Israéliens et les Palestiniens connaissent enfin la paix, et j’espère qu’elle arrivera plus rapidement que ce ceux que les gens ne le pensent. »

Trump a ajouté qu’il pense qu’il y a des chances de faire la paix, parce que c’est le bon moment, et qu’il a les bonnes personnes pour négocier un accord.

« C’est une bonne opportunité, et elle est bonne et elle est bonne pour tous », a-t-il poursuivi. « Cet accord est bon pour tout le monde. Nous avons les bonnes personnes qui y travaillent, [l’ambassadeur] David Friedman et [l’envoyé au Moyen Orient] Jason Greenblatt. »

Trump a refusé de parler d’un éventuel gel des constructions en Cisjordanie. Mais il a souligné qu’il pensait « honnêtement, nous allons vraiment trouver un accord ».

Le président est aussi resté évasif sur l’accomplissement de promesse de campagne sur le déplacement de l’ambassade américaine vers Jérusalem.

« Nous travaillons sur de nombreuses choses intéressantes », a-t-il dit. « nous parlerons [de l’ambassade] plus tard. »

Eric Cortellessa a contribué à cet article.