Le président américain élu Donald Trump a nommé vendredi un des avocats de l’Organisation Trump, conseiller sur Israël pendant sa campagne présidentielle, au poste de représentant de l’administration pour les négociations diplomatiques et internationales, et notamment pour le conflit israélo-palestinien.

Jason Dov Greenblatt, vice-président exécutif et directeur juridique de l’empire Trump, qui avec David Friedman, choisi par Trump pour être son ambassadeur en Israël, a composé le Comité de conseil sur Israël de Trump, prendra le titre de représentant spécial de l’administration Trump pour les négociations internationales.

Selon une source proche du dossier, Greenblatt, juif orthodoxe, travaillera principalement sur le conflit israélo-palestinien, la relation américano-cubaine et les différents accords commerciaux des Etats-Unis, a annoncé CNN vendredi.

Dans un communiqué publié vendredi par l’équipe de transition de Trump, Greenblatt a déclaré que sa « philosophie, dans les affaires et dans la vie, est de rassembler les individus et de travailler à unir plutôt qu’à diviser, la meilleure voie pour le succès. »

« Je pense sincèrement que cette approche est celle qui peut apporter des résultats aux Etats-Unis dans des questions concernant le monde entier. J’attends avec impatience de servir l’équipe du président élu Trump, et de l’aider à accomplir de grandes choses pour notre pays », a-t-il déclaré.

Jason Greenblatt, conseiller sur Israël du président élu Donald Trump et juif orthodoxe. (Crédit : Uriel Heilman/JTA)

Jason Greenblatt, conseiller sur Israël du président élu Donald Trump et juif orthodoxe. (Crédit : Uriel Heilman/JTA)

Dans un éditorial publié en juin par CNN, Greenblatt avait affirmé qu’Israël avait le droit de désigner sa propre capitale, et promis que l’administration Trump reconnaitrait cette capitale comme étant Jérusalem, une modification de la politique américaine datant de plusieurs décennies.

Greenblatt avait également déclaré que Trump pensait qu’une « Jérusalem unifiée devrait rester ouverte à tous les fidèles, et la réalité est que toute menace à la direction israélienne de la ville mettrait en péril cette liberté d’accès », affirmant également qu’Israël devrait grader le contrôle de la ville pour y assurer la liberté de culte de toutes les religions.

Les Palestiniens revendiquent Jérusalem Est comme capitale d’un futur état palestinien.

Trump et son équipe ont également promis de déplacer l’ambassade américaine de Jérusalem à Tel Aviv, et bien que les présidents américains aient régulièrement dérogé à une loi exigeant que l’ambassade soit déplacée, Trump a signé sa réelle intention de tenir cette promesse de campagne.

L’argument le plus cité contre la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme la capitale et le déplacement de l’ambassade est qu’une telle mesure ne devrait être prise qu’après la signature d’un accord de paix israélo-palestinien. Le statut de Jérusalem est soumis à des négociations bilatérales, affirment généralement les diplomates, et déplacer l’ambassade en geste d’amitié pour Israël avant la signature d’un accord sur le statut final irriterait les Palestiniens et le monde arabe en général, envoyant ainsi un processus de paix déjà moribond vers une mort certaine.

Donald Trump et l'avocat David Friedman sortent de l'immeuble fédéral à laz suite d'une apparition devant le Tribunal des Faillites, le jeudi 25 février 2010 à n Camden, New Jersey. (Crédit : Bradley C Bower/Bloomberg News, via Getty Images / JTA)

Donald Trump et l’avocat David Friedman sortent de l’immeuble fédéral à laz suite d’une apparition devant le Tribunal des Faillites, le jeudi 25 février 2010 à n Camden, New Jersey. (Crédit : Bradley C Bower/Bloomberg News, via Getty Images / JTA)

La nomination de Friedman ce mois-ci en tant qu’ambassadeur d’Israël a été critiquée par les associations libérales juives américaines, qui ont affirmé que la nomination était téméraire et dangereuse. Des membres juifs du Congrès ont affirmé que la nomination soulignait l’ « ordre du jour extrémiste » de la future administration, et tendrait la relation israélo-américaine.

Pendant la campagne présidentielle, Friedman a déclaré clairement qu’il pensait que l’activité d’implantation en Cisjordanie n’était pas un obstacle à la paix, et qu’Israël n’affronterait pas de « menace démographique » à son caractère juif s’il ne se séparait pas des Palestiniens.

La nomination de Friedman a également été critiquée en raison d’un éditorial publié en juin sur le site d’informations d’extrême-droite Israël National News, dans lequel il accusait les partisans de l’association libérale juive américaine J Street d’être « bien pire que des kapos », les juifs qui ont aidé les nazis pendant l’Holocauste.