Les responsables à Jérusalem et à Washington sont en pleines négociations pour planifier une visite en Israël pour le président américain Donald Trump en mai, selon les médias israéliens mercredi.

Si le projet est mené à terme, il s’agira de la première visite en Israël pour Trump.

Trump, qui avait à l’origine prévu de se rendre à Bruxelles le mois prochain pour son premier déplacement officiel, pourrait prolonger son voyage en arrivant en Israël aux alentours du 21 mai.

Si la visite de Trump a effectivement lieu à ces dates, elle coïncidera avec les festivités pour le cinquantième anniversaire de la réunification de Jérusalem après la guerre des Six jours, en 1967, qui aura lieu cette année le 23 mai au soir et le 24 mai.

Elle coïncidera également avec une importante décision que Trump devra prendre, à savoir, s’il décide de délocaliser l’ambassade américaine à Jérusalem, depuis Tel Aviv, comme il l’avait promis durant sa campagne.

Le Dôme du Rocher, à gauche, sur le complexe appelé al-Haram al-Sharif par les musulmans et mont du Temple par les juifs, et le mur Occidental, site le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, en octobre 2007. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le Dôme du Rocher, à gauche, sur le complexe appelé al-Haram al-Sharif par les musulmans et mont du Temple par les juifs, et le mur Occidental, site le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, en octobre 2007. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, fera elle sa première visite en Israël en juin, a annoncé mercredi la Deuxième chaîne.

Haley est l’un des membres les plus entendus de l’administration Trump, et elle est très appréciée en Israël et dans la communauté juive américaine pour sa position infaillible contre le sentiment anti-israélien aux Nations unies.

Durant sa campagne électorale, Trump avait affirmé que s’il remportait l’élection, il déplacerait l’ambassade israélienne à Jérusalem. Ce geste était hautement symbolique pour Israël, car il confirme que Jérusalem en est bien la capitale. Mais il est en contradiction avec la position des Palestiniens et du monde Arabe qui veulent que Jérusalem Est soit la capitale du futur État palestinien.

Cependant, suite à ses rencontres avec les diplomates arabes, Trump a semblé revenir sur cette promesse, indiquant qu’il l’envisageait seulement.

À la fin de l’an dernier, l’ancien président Barack Obama a signé un formulaire pour empêcher le déplacement de l’ambassade à Jérusalem. C’était la huitième fois qu’Obama signait ce formulaire, qui doit être renouvelé tous les 6 mois. Le dernier formulaire expire à la fin du mois de mai.

Le Congrès a adopté une loi en 1995 qui mandate le déplacement de l’ambassade à Jérusalem, mais qui autorise le président à signer un formulaire de renonciation, au nom des intérêts sécuritaires nationaux des États-Unis. Les prédécesseurs d’Obama, George W. Bush et Bill Clinton avaient également signé ces formulaires de renonciation.

David Friedman, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, nommé par Trump est également un fervent défenseur de ce déplacement. En décembre, suite à sa nomination, il avait déclaré qu’il était impatient de commencer à travailler depuis « l’ambassade américaine dans la capitale éternelle d’Israël, Jérusalem ».

De nombreux membres de la coalition israélienne ont salué cette initiative, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ajouté que ce serait « super ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Cependant, les Palestiniens s’y sont opposés de manière virulente. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait déclaré que déplacer l’ambassade « détruirait toutes perspectives de processus politique », et un porte-parole du Fatah avait ajouté que cette mesure « ouvrirait les portes de l’enfer dans la région et dans le monde entier ».

En mars, le représentant républicain de la Floride Ron DeSantis, qui avait dirigé une mission exploratoire pour enquêter sur la logistique du déplacement de l’ambassade avait estimé que Trump pourrait annoncer le déplacement pour Yom Yerouchalayim.

« Connaissant le président – c’est un homme de parole – je ne pense pas que durant le mois ou la ville de Jérusalem célèbre le cinquantenaire de sa réunification, il signera le formulaire de renonciation. Je parie qu’il ne le fera pas et qu’il annoncera que l’ambassade va déménager », a affirmé DeSantis durant sa visite.

Trump ne s’est encore jamais rendu en Israël.

En mai dernier, durant la campagne présidentielle, Trump avait indiqué qu’il prévoyait de se rendre en Israël avant les élections du 18 novembre, mais cette visite n’a jamais eu lieu.

En décembre 2016, alors qu’il était candidat aux primaires du parti républicain, il s’est retiré d’un voyage en Israël, au cours duquel une rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu était prévue.

Au moment de l’annulation, Trump avait fait l’objet de nombreuses critiques pour avoir présenté son décret qui interdit l’entrée aux musulmans sur le sol américain, suite aux attentats à Paris et en Californie.

Le président américain prévoit de participer à un sommet des dirigeants de l’OTAN à Bruxelles le 25 mai.

Le dernier président américain à s’être rendu en Israël était le président Barack Obama, qui est venu à Jérusalem pour quelques heures, à l’occasion de l’enterrement de l’ancien président Shimon Peres. Sa visite précédente remontait à mars 2013.

Trump et Netanyahu se sont rencontrés à Washington en février.