Le président américain Donald Trump a fustigé lundi le sénateur Richard Blumenthal dans une série de tweets, après que le démocrate a exprimé son inquiétude de voir le département de la Justice s’en prendre aux journalistes et aux fuites.

Même s’il est officiellement en vacances pour 17 jours dans son club de golf du New Jersey, Trump a néanmoins trouvé le temps d’attaquer Blumenthal, affirmant qu’il était un menteur en raison de ses déclarations de 2010 sur son service militaire pendant la guerre du Viêtnam.

« Intéressant de voir le sénateur Richard Blumenthal du Connecticut parler de la fausse collusion russe alors qu’il est un imposteur et un escroc du Viêtnam ! », a écrit le président américain sur Twitter.

« Jamais dans l’histoire américaine quelqu’un n’a menti ou arnaqué les électeurs comme le sénateur Richard Blumenthal, a écrit Trump. Il a raconté des histoires sur ses batailles et ses conquêtes au Viêtnam, à quel point il était courageux, et ce n’était que des mensonges. Il a pleuré comme un bébé et a supplié qu’on le pardonne comme un enfant. Et maintenant, il juge une collusion ? »

Blumenthal, qui est juif, était auparavant passé sur la chaîne CNN, dans l’émission « New Day », pour dire que l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection et la possible collusion avec la campagne Trump devait se poursuivre.

Il a également dit qu’il était inquiet que le département de la Justice envisage de citer à comparaître des journalistes.

« Je suis très inquiet de voir que le département de Justice militarise les lois pour ses objectifs personnels et politiques, et en particulier pour la Maison Blanche », a-t-il dit sur CNN.

« Cela a un effet glaçant sur la presse et les lanceurs d’alerte, et sur l’information qui n’implique pas de données ou de découvertes classifiées, mais pourrait en fait être simplement embarrassante ou mal accueillie », a-t-il ajouté.

Beaucoup des articles qui ont finalement entraîné l’ouverture d’une enquête spéciale sur une possible collusion entre la campagne de Trump pour l’élection présidentielle de 2016 et le gouvernement russe ont initialement été démentis par le président, ou décrits par la Maison Blanche comme des fake news, de fausses informations. L’ancien directeur du FBI Robert Mueller dirige l’enquête.

La description faite par Trump du sénateur comme un « arnaqueur du Viêtnam » semble être une référence à des discours prononcés par Blumenthal, qui donnaient l’impression qu’il avait participé à la guerre du Viêtnam. Pendant la guerre, Blumenthal servait dans le corps de réserve des Marines de Washington, D.C., et du Connecticut, mais il n’a jamais participé activement aux combats. Pendant sa campagne électorale de 2010, le New York Times avait annoncé que Blumenthal s’était mal exprimé à au moins une occasion sur ce sujet.

Trump lui-même a repoussé quatre fois son service militaire pour éviter de servir pendant la guerre du Viêtnam, et a reçu une exemption médicale en 1968.

Trump a également utilisé Twitter pour souligner que son soutien était plus fort que jamais, malgré des informations indiquant que certains républicains demandaient déjà qu’il ne participe pas à l’élection présidentielle de 2020.

Lundi matin, Trump a écrit que « la base Trump est bien plus large et plus forte que jamais auparavant (malgré certains faux sondages trompeurs). » Il a en particulier critiqué le New York Times.

Le journal avait détaillé les tentatives de certains républicains visant 2020, dont le vice-président Mike Pence. Ce dernier a affirmé que l’information était fausse.

Ce même jour, Trump avait affirmé que, même s’il était loin de la Maison Blanche, il était très occupé par son travail.

« [Je] travaille dur depuis le New Jersey pendant que la Maison Blanche est rénovée. J’irai à New York la semaine prochaine pour d’autres réunions », a-t-il écrit sur Twitter.

Son agenda public montrait cependant qu’il n’avait rien de prévu pour la journée. Certains journalistes lui ont alors demandé sur quoi il travaillait.