La police militaire de l’armée israélienne enquêterait sur une éventuelle mauvaise conduite opérationnelle lors de 10 incidents pendant la guerre de Gaza de l’été dernier contre le Hamas.
 
Cinq hauts gradés – un colonel et quatre lieutenants-colonels – qui ont combattu dans le conflit, ont été mis en examen par l’avocat général de l’armée afin de déterminer s’ils ont fait preuve de bon jugement dans les combats, a rapporté lundi la radio militaire.

Parmi ceux-ci figure le lieutenant-colonel Neria Yeshurun, qui aurait ordonné le bombardement d’une clinique à Chajaya un jour après qu’un tireur du Hamas ait tué le capitaine Dimitri Levitas du toit du bâtiment.

Un vif débat a éclaté au sein de l’armée israélienne entre ceux qui estiment que les incidents justifient des enquêtes complètes de la police militaire, ce qui peut conduire à des poursuites pénales, et ceux qui veulent que les enquêtes soient limitées à des débriefings opérationnels, qui sont habituellement traités en interne.

Une source a déclaré à la radio militaire qu’il est peu probable que l’un des officiers soit inculpé.

Tant que les enquêtes restent ouvertes, les officiers ne peuvent pas être promus.

Une des enquêtes concerne le bombardement le 10 juillet d’un café à Khan Younis qui a entraîné la mort de neuf Palestiniens qui regardaient le match de demi-finale de la coupe du monde de football entre les Pays-Bas et l’Argentine, selon des témoins oculaires.

Un autre incident concerne des allégations d’abus de Tsahal contre un détenu palestinien.

Sept autres enquêtes criminelles ont été ouvertes sur les actions de soldats au cours de la campagne de l’été dernier, dont le bombardement d’une école des Nations unies qui, selon les Palestiniens, aurait tué 21 civils et blessé des dizaines.

Un certain nombre d’enquêtes ont déjà été classées, y compris celle concernant un bombardement de la plage de Gaza le 16 juillet où quatre enfants sont morts.

En avril, le parquet militaire a déposé un acte d’accusation contre trois soldats soupçonnés de piller les maisons des civils palestiniens pendant les combats.

Cette affaire a marqué la première occurence de charges retenues contre les soldats de Tsahal qui ont participé aux combats dans la bande de Gaza durant l’opération Bordure protectrice.

Israël accuse officiellement le Hamas pour toutes les victimes civiles palestiniennes, insistant sur le fait que le groupe qui dirige la bande de Gaza, a souvent lancé des attaques depuis des zones résidentielles.