L’armée israélienne a déclaré jeudi soir qu’elle avait ouvert six nouvelles enquêtes sur des actions des soldats lors de l’opération Bordure protectrice en 2014 dans la bande de Gaza, y compris le bombardement d’une école des Nations unies qui, selon les Palestiniens, a tué 21 civils et en a blessé des dizaines.

Le procureur général des forces armées le major général, Danny Efroni, a annoncé l’enquête sur l’incident qui a eu le 30 juillet, au cours duquel les forces de défense israéliennes ont tiré plusieurs obus sur une école de l’ONU dans le camp de réfugiés de Jabaliya, qui abritait des centaines de réfugiés palestiniens.

La frappe israélienne a suscité une condamnation internationale généralisée, y compris des responsables de l’ONU et des États-Unis.

Cet incident fait partie de l’un des trois incidents qui ont eu lieu entre le 24 juillet et le 3 août, où Israël a été accusé d’avoir ciblé des écoles de l’ONU servant de refuges, tuant près de 50 personnes et en blessant des centaines.

L’armée s’était défendue, à l’époque, en affirmant que les soldats avaient visé des terroristes de Gaza qui avaient lancé des obus de mortier de cet emplacement.

Mais Efroni a déclaré jeudi que les résultats de l’enquête préliminaire lui avaient donné des « motifs raisonnables de soupçonner que la frappe a été menée contre la réglementation à laquelle les troupes de l’armée israélienne sont soumis ».

Efroni a également ordonné l’ouverture de trois investigations pour enquêter sur des accusations selon lesquelles les troupes auraient battu des détenus palestiniens, ainsi que deux autres enquêtes sur des cas de pillages présumés.

Danny Effroni en 2013 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Danny Effroni en 2013 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Efroni avait précédemment ouvert 13 enquêtes criminelles dans divers incidents durant les combats, y compris une enquête sur une autre frappe sur une école de l’UNRWA au cours de laquelle 14 personnes avaient été tuées, et une frappe aérienne qui a tué quatre enfants sur une plage de Gaza.

Une commission d’enquête mise en place par Efroni, et dirigé par le major général Noam Tibon de l’état-major, a étudié environ 120 incidents qui ont eu lieu pendant la campagne. Bien que certaines affaires aient été clauses, la plupart des enquêtes sont encore à divers stades d’examen.

En février, Efroni avait expliqué qu’il ne s’inquiétait pas d’une enquête éventuelle de la Cour pénale internationale sur la conduite d’Israël pendant la guerre de Gaza, indiquant que les enquêtes internes d’Israël étaient suffisantes.

Les Palestiniens ont récemment adhéré au tribunal basé aux Pays-Bas et ont menacé de poursuivre Israël pour crimes de guerre. Mais, les statuts de la Cour stipulent qu’une enquête interne minutieuse peut empêcher la mise en place d’une enquête externe ordonnée par le tribunal.

« Je ne suis pas inquiet parce que je pense que je fais mon travail », a déclaré Efroni aux journalistes en marge d’une conférence sur le droit des conflits armés. Il a souligné que la qualité et le professionnalisme des enquêtes menées étaient « suffisants » pour éviter une enquête de la CPI.

Pendant la guerre de 50 jours, plus de 2 100 Palestiniens aurait été tué, dont de nombreux civils, selon des sources palestiniennes dans la bande de Gaza dirigée dirigé par le Hamas ; et 72 Israéliens, pour la plupart des soldats. Israël affirme que la moitié des morts palestiniens étaient des combattants et blâme le Hamas pour toutes les victimes civiles, car sa machine de guerre était installée dans des zones résidentielles.

Israël a lancé l’opération à Gaza l’été dernier pour arrêter les tirs de roquettes sans relâche des terroristes du Hamas. Le Hamas a pris le contrôle de Gaza par un coup d’état violent contre l’Autorité palestinienne en 2007. Le Hamas, un groupe terroriste islamiste, s’est engagé à détruire Israël.

Israël a défendu son opération de l’été dernier comme un acte de légitime défense. Il a blâmé le Hamas pour le lourd bilan des victimes, affirmant que le groupe terroriste a utilisé des zones résidentielles comme lieux de tirs de roquettes et les Gazaouis comme boucliers humains. Mais les critiques ont souligné le nombre de morts civils palestiniens et s’interrogent sur le fait de savoir si la réponse d’Israël était proportionnée.

Le tribunal international pourrait également enquêter sur la conduite du Hamas pendant la guerre ; il a tiré des milliers de roquettes sur Israël et mené plusieurs attaques mortelles sur Israël par des tunnels creusés sous la frontière.

Israël a également été sous le feu des critiques car certains l’accusent de ne pas enquêter de manière approfondie sur ses opérations militaires ou de poursuivre des soldats pour les supposés abus qu’ils ont commis. Israël affirme qu’il enquête sur ses actions, bien que ces enquêtes aboutissent peu souvent à des sanctions pénales.

Suite à une opération similaire à Gaza début 2009, l’armée a condamné quatre soldats pour divers chefs d’accusations, notamment pour pillage, mauvaise utilisation d’une arme et conduite dangereuse. La peine la plus sévère était une peine d’emprisonnement de trois mois et demi.

Efroni a qualifié les enquêtes israéliennes « de complètes et approfondies ».